Le réveil est difficile, je pense que le bassin nous a shooté car je vois difficilement comment une journée de marche courte et en descente a ou nous déglingué comme ca. Le linge n’est pas sec, loin de la même, il va falloir le trimballer en sac plastique, ca va fermenter, ca fera peut être de l’alcool local ! La vue depuis la terrasse du lodge est vraiment la plus belle du trek, ca va être dur de décrocher. Le départ est inéluctable, un check post est en fin de village, encore un. Le début de la route coïncide avec la route des bus puis un pont nous amène sur l’autre versant ou nous attendent 1670 mètres de dénivelé tout en monte mais le plus dur est de loin la chaleur car a cette altitude, les efforts coûtent moins, même avec les tendons d’achille douloureux c’est assez faisable. Les 1ers villages traverses sont assez jolis et colorés, la vue reste magnifique avec des montagnes luxuriantes au proche et des sommets enneiges au loin. 3h30 plus tard, nous sommes a Shikha pour le déjeuner, nous filtrons de l’eau, mettons le linge à sécher et j’en profite pour me refaire des bandages par dessus de grosses tartines de baume du tigre ce qui s’avèrera une excellente idée par la suite car cela annulera quasiment la douleur. En face du resto, il y a encore un check point, le 8eme depuis le début du trek, ca devient lassant surtout qu’a part planter des panneaux et pondre des statistiques, on se demande ce qu’il foute a l’ACAP (Annapurna Conservation Area Program), la grosse décharge de Thorong phedi en est une preuve flagrante mais bon, il faut pointer. La reprise de la route se fait sous un ciel couvert, nous aurons moins chaud mais l’absence de luminosité gâche beaucoup la vue… Le chemin sera aussi un peu moins beau, seules les marches d’escalier caractéristique de cette étape ne manqueront pas. Au bout de 3h, nous sommes a Ghorepani, le village est tout bleu, je ne sais pas si j’aime ou si je déteste. Le lodge est plutôt bien (le snow view) et nous sommes reçus par la chaleur du poêle, ca fait du bien car dehors, entre le froid et la transpiration du jour, ca devenait difficile. Les places sont chères pour la douche, le guide de Miguel abusera un peu en passant devant tout le monde, restant 25 minutes en chantonnant alors qu’il est marque que l’eau chaude est en quantité limite et qu’il faut penser aux autres… Bref, journée dure et crevante et demain, le réveil est prévu a 4h du matin pour aller a Poon hill. Je ne suis pas à prendre avec des pincettes ce soir et nue remarque de Rajaram me fait vider un peu mon sac, j’en ai marre que nous soyons confondus avec des portefeuilles ambulants qui doivent juste claquer leur pognon tout en fermant leur gueule parce que ca convient a la culture Népalaise, je ne suis pas une volaille industrielle et les autres trekkeurs ont eu les mêmes impressions que moi, je ne suis donc pas totalement fou ! Après cette séquence tension-émotion largement alimente par la fatigue, je dine patates bouillies et soupe avant d’aller au lit, la nuit sera courte.
Je suis réveillé bien avant que ce feignant de réveil ne sonne, le repas de la veille tourne dans l’estomac et j’ai parfois la sensation de manquer d’air. Dans la salle commune, tout le monde est déjà réunis et en train de petit déjeuner. Nous partons à 4h15 puis commençons à grimper, c’est bien raide. Les montagnes sont déjà bien visibles et la luminosité croit rapidement. Mes doigts sont bien gelés malgré mes gants, le reste ca va mais il faut absolument éviter d’arrêter de marcher sous peine de congélation minute. 1h plus tard, nous sommes au hi-camp à 4925 mètres. La visibilité est maintenant très bonne et la vue sur les montagnes est totalement dégagée, seul une mer de nuage est prisonnière dans la vallée et donne une touche surréaliste. Notre rythme est d’environ 1 pas par seconde, l’altitude complique tout. Le chemin balafre les versants à la façon d’incision chirurgicale, bien droite. 30 a 45 minutes plus tard, nous sommes a la 1ère tea house, un guide descend en courant, son client ne se sent pas bien et il finira la route a dos de cheval. Nous ne nous arrêtons pas plus de 3 minutes, le temps de faire des photos afin de repartir gelé comme au réveil, la température ne rigole pas ici ! J’ai très légèrement mal a la tête et ai un tout petit peu de sang dans le nez, je reste attentif a mon corps mais préfère ne rien dire pour ne pas déclenche de réaction démesurée, j’ai peu dormi et le rythme de marche, bien qu’a 1ère vue lent, est trop rapide, nous descendrons par la suite a environ 1 pas toutes les 2 secondes ce qui sera le bon rythme pour le corps à cet endroit, compte tenu du fait que nous sommes quand même bien charges. Nous sommes au sommet à Thorong la (5416m) au bout de 3h30 de marche dans un décor qui ne fût trahi par les nuages qu’14 d’heure tout au plus, nous sommes vernis. La tea house du sommet propose des blacks tea au prix exorbitants de 150 Rs/- mais comme on ne vit qu’une fois et que nous ne retournerons pas tous les jours ici, nous nous faisons plaisir. Line fait une vidéo pour son meilleur dont le mariage est proche. Depuis le sommet vers la vallée, la 1h30 est marrante car pleine de neige et avec une belle luminosité, les 2h30 suivantes sont par contre bien enrichies en chiantine concentrée : brume, froid, boue, paysages moyens juste sauvés par la vue sur le vert de la vallée en contrebas. L’arrive a Muktinath offre un joli décor, c’est une ville sainte pour les hindous et les bouddhistes, de Thorong la, on passe nécessairement devant une sorte de gros complexe entoure par un mur blanc ou cohabitent les 2 religions. Muktinath ne ressemble a aucun autre village vu jusqu’alors, il y a beaucoup de petits marchands, la rue principale est large et de terre battue et, surprise, il y a plein de motos et une route carrossable va jusqu’a Tatopani. Hélas pour les trekkeurs, leur chemin passe par cette route pour la plus grande partie du temps. En bref, nous sommes démoralisés car peu de temps auparavant nous étions au sommet du plus haut col au monde et nous sommes maintenant en pleine civilisation. Pour résumé, nous décidons de voir si nous pourrons choper une jeep demain pour Tatopani car a partir de la, le chemin est encore de trekking et cela nous permettrait de redispatcher des jours pour modifier le parcours après Poon hill et filer sur Gandruk pour rattraper Nayapul en espérant avoir un bus car la grève maoïste continue et fout la merde dans le pays en le paralysant bien comme il faut. A KTM, seul les magasins d’alimentation sont ouverts et encore, entre 6h et 8h du matin ! Mon ventre est gonflé, j’ai presque l’impression d’avoir un poids normal ce qui est impossible vu ce que je mange, la nourriture des montagnes ne risque pas de figurer dans le guide Michelin, même en catégorie espoir. Le point positif du lodge est la possibilité de prendre une douche chaude, je ne me souviens plus de la dernière. Nous devrons nous lever tôt demain car au cas où aucun véhicule ne passe, nous sommes décidé à couvrir le maximum de distance pour rallier Tatopani en 2 jours au lieu de 3.
Je n’ai pas dormi de la nuit, entre le froid et l’altitude il y avait trop d’éléments en contre. Ce matin, le ciel est gris et la température assez basse, je porte toutes mes épaisseurs sur moi, dommage que je n’ai pas une cagoule étanche ! Nous arrivons à Ledar 25 minutes plus tard puis continuons. Chaque petite montée est un effort, nous commençons à être assez haut et la respiration devient plus intense. Le ciel bleu et le soleil arrivent progressivement, c’est l’occasion d’enlever quelques couches de vêtements. Les yaks, rare sur le circuit pour le moment, font leur apparition en masse, quelques petits sont aussi présents. Le chemin fini par descendre abruptement jusqu’à un petit pont qui mène a l’autre versant et a une montée qui se révèle un peu chiante du fait de l’altitude et d la fatigue. En haut de la pente, le chemin est a nouveau a peu près plat, il faut faire attention aux chutes de pierre causées par les yaks et blue sheep plus haut sur le versant. Nous arrivons à Thorong phedi seulement 2h30 après le départ de Yak kharka. Il y a 2 lodges mais le complexe qu’ils forment est assez grand pour accueillir 200 personnes. Les prix ont encore grimpes, seul le hi-camp, situe 400m plus haut et 1h de marche un peu raide, doit dépasser ces prix. Après un déjeuner sans gout, nous sommes shootés par l’altitude et ne sommes pas vraiment en mesure de bouger. Nous finissons quand même par nous agiter vers 13h pour prendre le chemin du hi-camp sans sac a dos juste pour faire quelque chose et nous acclimater un peu mieux. La neige est de la partie, je n’irai pas jusque en haut, Line si. De retour au lodge, j’en profite pour préparer mon sac en détail pour ne pas perdre de temps demain matin car le réveil est pour 3h, le départ pour 4h. Si tout se passe bien, nous serons à Muktinath demain pour 12h. La salle commune dispose d’un poêle a bois mais les gérants ne mettent que du bois d’allumage qui brûle très vite et ne produit que peu de chaleur. Le gérant en chef est, drôle de hasard, une sacrée tête de nœud lui aussi et tous les prétextes sont bons pour ne pas fournir plus de combustible, que ce soit du bois ou de la bouse de yak. Nous commander les dîner, petit déjeuner et déjeuner du lendemain, tout en même temps pour nous assurer de ne pas perdre de temps. Un des employés fini tout de même par apporter un peu plus de bois mouillé, c’est toujours mieux que rien.
Kathmandu
Madrid











