Ce matin, c’est la forme olympique, ca faisait bien longtemps que le matin ne commence pas comme dans un frigo. Le temps est clair et dégagé et après un petit déjeuner vite expédié, nous mettons le cap vers Mangengoth. Le chemin est vraiment très joli et la vue impressionnante, ce sont des massifs arborescents de toutes part avec des sommets enneigées au loin et les rhododendrons rouges ont laisses leur pétales au sol. Il fait vite chaud, nous n’étions plus habitue, le T-shirt redevient de rigueur. La descente est relativement soft avec des passages en escalier acceptable pour les jambes. Les 1h30 qui nous séparaient de Mangengoth sont vite passes. Le village en lui-même est situe dans un cadre idyllique et les lodges, séparés en 2 groupes distants et caches de 800 mètres environ, sont faits avec gout et sont très correct mais ce serait une étape un peu courte pour s’y arrêter. La sortie de Mangengoth est marque par une descente abrupte et pénible qui caractérisera la plus grande partie du trajet jusqu’à Kutumsang. Il commence à faire vraiment très chaud maintenant et la descente, qui commence à s’apparenter a de l’alpinisme, met a mal les articulations, je suis content de ne pas avoir à faire le chemin dans l’autre sens. La vue sur les versants environnants laisse voir de multiples villages, cette altitude est plus douce et propice a la vie en communauté, la population semble heureuse de cette vie plus confortable qu’a Kathmandu a bien des égards. Kutumsang apparaît comme un havre de paix, village tout en longueur, jolie vue et le 1er lodge, le Namaste, a des prix très correct et douche chaude gratuite. Nous sommes arrives tôt mais décidons de rester, nous avons de la lessive en retard et le fait de pouvoir rester en T-shirt et pantalon court est tentante. Le havre de paix ne sera trouble passagèrement que par le passage de la cohorte d’indiens qui, heureusement, choisira finalement de faire halte dans un autre lodge.
La cohorte indienne est un réveil efficace qui se met en branle des 5h30 pétante. Comme ils sont 4 par chambre de 2 (pour payer moins cher), le bruit issu du bordel qu’ils produisent est colossal. La mise en route pour nous sera toutefois la même et après un bon petit déjeuner, nous quittons Pasang, le propriétaire du « Lakeside », qui est vraiment très gentil et mérite qu’on s’arrête chez lui. La route commence par l’ascension jusqu’a Laurebinayak pass (4610 m), le chemin est en pente douce et assez facile a suivre bien que ce soit un champ de cailloux. Presque au sommet, un grand lac gelé marque la fin des 1ers efforts. S’ensuit alors une longue descente dans un grand champ de cailloux un peu plus pénible cette fois. Après 1h15 de marche, nous arrivons à une petite maison qui sert du thé et autres choses courantes. Le décor est lugubre, le paysage est désolé, la brume omniprésente et bouche la vue a 20 mètres, le chemin est désormais uniquement composé de cailloux qui rendent la marche pénible et difficile et les corbeaux coassent, on se croirait dans un film d’épouvante, un zombie va surement apparaître sous peu ! Les 35 minutes suivantes se passent sous ces conditions pas très égaillées jusqu’a Phedi, petit village qui se résume à 1 lodge et 2 maisons. Nous nous arrêtons pour souffler 10 minutes et manger des fruits secs avant de repartir. Je pense aux forêts de rhododendrons qui sont bien loin maintenant. La prochaine étape sera Ghopte dont nous ignorons la distance réelle, nous avons entendu des prévisions entre 3 et 5h ce qui fait une bonne grosse différence. Nous partons à l’assaut du chemin, la végétation change du tout au tout, ce sont principalement des bambous fins et a troncs noirs. Le temps aussi change, la brume qui s’était dissiper est maintenant dense a couper au couteau et il tombe quelques gouttes. Pour couronner le tout, le chemin est une longue succession de montée/descente éprouvante ce qui fait que le temps coule beaucoup plus lentement, nous sommes démoralisés, impuissants et affamés, une mauvaise combinaison qui n’aura qu’un bon côté, le ralliement a Ghopte ne prendra que 2h. Ghopte n’a rien de beau, c’est même particulièrement laid et donne assez peu envie d’y rester, il n’y a de toute façon que 2 lodges et aucune maison donc, voyageur, passe ton chemin ! Je prendrai tout de même une « douche » rapide, mon odeur corporelle ayant encore grimpe d’un niveau dans le pas très frais. Ce fut émouvant de se laver dans un réduit où on ne peut pas tenir debout et ou la porte d’entrée a des écarts de 1 a 2 cm entre les planches, c’est un intéressant concept d’intimité. En sortant de la ‘douche » la bonne surprise est la, le soleil ! Je suis très motivé pour partir et selon les estimations, Tharepati ne serait qu’à 2 heures de marche. Je suis pressé et nerveux de m’éloigner de cet endroit et marche assez vite les 30 premières minutes. La brune est moins dense, les rhododendrons sont revenus et les oiseaux semblent venir des tropiques, c’est une sorte de mini-paradis jusqu’a la 1ere et seule vraie grosse montée qui s’éternise, j’en ai vraiment marre, Line aussi et la pluie revient un peu accompagnée d’éclairs et de tonnerres, heureusement que Tharepati est en vue et à une vingtaine de minutes. En arrivant au 1er lodge, la brume est de nouveau épaisse et 5 minutes après, la pluie s’est transforme en grêle et tombe comme dans une grosse tempête, nous sommes arrivés juste à temps mais toutefois trempés et fatigués, le lodge est heureusement très bien, il ressemble beaucoup a celui de Tatopani du trek de Tamang mais le proprio est un peu bizarre et pour la 1ère fois, celui qui veut du ketchup doit payer un supplément !
Kathmandu
Madrid











