Le beau temps est encore une fois au rendez-vous, ca fait plaisir ! Apres un petit déjeuner de noodle soup et d’apple crumble, nous payons auprès de l’hystérique de service qui doit avoir bu 12 litres de café vu comment il tape sur sa calculatrice. Après 2 essais et 2 résultats différents, je paie 100 Rs/- de plus que nécessaire mais je ne le saurai que 3h plus tard… La route commence en montée légère, je dois quand même respirer plus intensément pour m’oxygéner. Une discussion survient pour savoir si nous nous arrêtons a Yak kharka, ce qui représenterait une étape courte en durée mais correcte en altitude pour éviter le risque de mal aigu des montagnes ou aller a Thorong phedi ce qi ferait une journée de marche correcte mais ne serait pas forcément prudent pour des questions d’altitude. Il y a de nombreux arguments dans tous les sens, le groupe de 4 que nous formions depuis plusieurs jours finira par se scinder, Line et moi préférons opter pour plus de sûreté et ne pas tenter le passage du col le lendemain matin à 4h du matin tout en étant fatigue de la veille tandis que Miguel et Sarah sont plus impatients même s’ils n’écartent pas la possibilité de se reposer a Thorung phedi le lendemain s’ils ne sont pas bien ou trop fatigués. Nous restons donc à l’Himalayan qui est à 10 minutes après le gros du village de Yak kharka. Les prix sont assez bas, les chambres correctes et nous ne risquons pas de nous faire déranger par les voisins, il n’y a pas d’autres lodges et nous sommes les seuls dans celui-ci. Nous irons jusqu’au prochain village, Ledar, à 30 minutes de marche et 150m plus haut. Le temps est très changeant et passe du ciel bleu à la chute de neige en l’espace d’une poignée de minutes. Le reste de la journée se déroule en tuant le temps autour du poêle à bois, ou plutôt poêle à merde de yak ! Nous apprendrons plus tard que le chargé du Tilicho voulait nous prendre plus cher pour la chambre car nous avions nos propres soupes et ne consommions donc pas assez ! Je requalifie donc Mr tête de nœud en « abruti profond », parce qu’il le vaut bien.
Au moment ou le réveil manifeste sa présence, je suis réveillé depuis un bon moment, comme d’habitude. Mon coin de chambre ressemble a une chambre de gamin qui ne range jamais, comme d’habitude également. Après un lavage très sommaire, je vais déjeuner d’une noodle soup et commande un sandwich a l’omelette pour ce midi. Sur ce trek, il y a pas mal de boulangeries qui font aussi bien du pain que des croissants au chocolat, pains a la cannelle ou a la pomme mais aussi cookies aux cacahuètes, biscuit et foret noire !! Le grand classique est l’apple crumble, l’autre nom du tour des Annapurna étant le « trek des tartes aux pommes »! Avant de partie, j’en profite pour acheter un rouleau au chocolat, a 80 Rs/- ce n’est pas donné mais il est bien grand et semble bien garni. Nous avons doublement de la chance, l n’y a pas un seul nuage et la pluie d’hier s’est déposée en couches neigeuses en altitude si bien que le panorama est exceptionnel, je ne me lasse pas de l’admirer et en ferai de nombreuses vidéos. Nous sommes 7 au départ dont 3 guides, on ne risque pas de se perdre. Il est prévu d’aller au « ice lake » ce qui nous oblige à revenir en arrière, le chemin commençant à Braga. Nous avançons au milieu d’une œuvre d’art, tout est beau et la lumière matinale ne faillit pas à son habitude en amplifiant la magnificence de l’ensemble. A Braga, nous prenons la direction du vieux village. Rajaram nous apprend que dans l’upper Mustang, les villages sont identiques, c’est très beau tout en étant vieux et délabré. L’ascension commence, il y a 1000m de dénivelé au menu mais nous sommes sans sac ou presque, je porte juste de l’eau et nos 2 déjeuners, pas de quoi fouetter un chat. Le chemin n’est pas bien dur, c’est une pente régulière sans escalier ce qui facilite beaucoup les choses. 1h30 plus tard, nous sommes a une altitude qui nous permet d’avoir une vue impressionnante sur les montagnes enneigées et sur la vallée, la vue s’étend de Lower pisang jusque bien après Manang soit un bon gros paquet d’heures de marche. Le temps est devenu plus frais et les nuages s’amoncellent, les 3 guides sont comme en vacances et sont à la traine, leur motivation est proche de 0. Quelques flocons commencent à tomber, nous continuons la route a 4 puis a 2, Sarah ne pouvant plus avancer et Miguel ne souhaitant pas la laisser seul ce qui est prudent. Nous ne monterons que 20 minutes de plus, le temps n’étant pas terrible et le ice lake s’avérant encore assez loin. Nous aurons quand même l’opportunité de voir 7 daims musques à une centaine de mètres sur un autre versant. En cours de redescente, nous avalons le déjeuner et repartons. Les guides sont très lent, si lent que cette vitesse dot leur demander un effort supérieur au notre car la pente est tout de même bien inclinée. A Braga, nous décidons de repartir directement à Manang sans les attendre, heureusement qu’il ne soit rien arrive a personne. Au Tilicho, nous prenons un thé bien mérité la douche est toujours aussi froide, je crois que je vais rester dans mon jus ! Nous finirons la journée en allant faire un tour au stupa qui surplombe Manang, la vue avec le soleil déclinant rend le village bien plus beau que vu des hauteurs de Braga. En redescendant, je m’arrête pour acheter des paquets de biscuits et de noodle soup seulement 10 Rs/- plus cher qu’a KTM.
Pas bien dormi et pour la 2ème nuit consécutive, ma gorges me taquine. Je me lève tôt et petit déjeune d’un bon gros plat de patates bouillies tout en finissant de sécher mon pantalon en le mettant a 5 cm du poêle. Le temps restera frais et humide pour le restant de journée ce qui est plutôt bien. Pas de grosses surprises, une petit montée pendant 1h et ensuite, c’est tout plat ! A Humde, nous mangeons 2 pains a la cannelle qui bien que chers, rappelle de lointains souvenirs de pain frais. En sortie de village, un nouveau check point et le chemin continue dans la vallée de plus en plus large. L’arrivée a Manang n’est pas édifiante, il y a un énorme lodge, le Tilicho, qui capte a peu près tout le monde, les autres doivent se contenter du reste. Le patron est une tête de nœud mais les chambres et la nourriture sont biens. Nous irons visiter le petit lac à 10 minutes a pied puis le vieux village et pour la 1ère fois, une vision de misère se dévoile, les locaux ne donnent pas spécialement l’impression de vivre bien, il semblerait qu’il y a 2 poids et 2 mesures ici, ceux qui ont de quoi bien vivre et ceux qui n’en ont pas… De retour au lodge, la douche théoriquement chaude est froide, le seul refuge devient la salle à manger ou le patron entend bien régner en maître mais comme je l’ai déjà écrit, c’est vraiment une tête de nœud ! Après une longue réflexion visant à déterminer si nous resterons ici demain pour nous acclimater comme il est prévu ou si nous continuons, la sentence finale est celle de rester pour une randonne de 7h le lendemain. J’ai renoué avec l’appétit et fait un peu poubelle de table en finissant les plats de mes petits camarades de jeu. Vu le poids que j’ai perdu, j’en ai bien besoin !
Kathmandu
Madrid











