Line à eu raison de rentrer ses affaires mises à sécher dehors, les 5 cm de neige tombées dans la nuit en atteste. Le ciel est bleu et dégagé, tout le reste est fige sous un immense drap blanc. Après le petit déjeuner, Ampuri est venu solliciter une « donation » car il n’a plus de quoi continuer, l’alcool étant un souci récurent pour lui. La donation a un montant précis, 7000 Rs/- (environ 70 euros) ce qui est faramineux. Sa manière de demander n’est de plus pas très fine, c’est presque un ordre. Nous quittons Kyanjin gompa dans une ambiance ou seul le guide est perdant et s’enfonce encore plus en marchant seul loin devant nous. Il y a de nombreux porteurs ce matin avec des charges dépassant l’entendement humain et probablement pour de nombreuses heures et un salaire approximatif. La descente se poursuit lentement : Yemphu, Sindum puis Mendu ou nous avions mange a l’allée. Une courte pause nous permet de repasser les options possibles avec Line au sujet du guide, la plus simple et la plus logique étant que chacun fasse son chemin comme il l’a lui-même propose. Langtang, Chyamki, Thyangsyapu, Ghoratabela et enfin pause déjeuner a Thomna, un endroit magnifique peuple de chevaux et de rhododendrons, son principal défaut résidant dans les 3 heures de marche pour ramener les commissions. La pause est salutaire, mes chaussures et mes pieds sont a 200 degrés, le climat comme l’altitude n’ont rien à voir avec ceux du matin même. Reprise vers Gumnachok puis Lama hôtel ou « la » discussion a lieu. Le plus intéressant fut d’obtenir un téléphone pour se communiquer avec l’agence, les seuls téléphones du coin fonctionnant par satellite avec une connexion très aléatoire. Au bout d’un très long moment, Line réussi enfin à parler avec son agence et solde l’affaire, il est hors de question de payer le guide pour les jours de treks restants. La situation se clarifie, le temps non et l’odeur de pluie s’installe. Bien qu’il soit déjà un peu tard, nous préférons partir pour Rimche, Lama hôtel ayant des airs de film glauque, nous ne sommes pas asse fatigues pour y rester. L’arrivée a Rimche est superbe, dans un décor de foret tropicale de montagne, toit d’osier en terrasse, singe dans les arbres et pour la 1ere fois depuis le début, une vraie douche chaude ! A la sortie de la douche, je vis qu’Ampuri nous a rejoint et semble avoir saisi, en partie, que ses agissements le priverait d’une partie de son salaire. Line est ferme, il part donc tout seul vers son destin. Le vent s’emmêle et balaie tout, englouti le stress et libère nos esprits, nous sommes enfin débarrasse de la seule source de stress qui nous suivait. Nous fêtons l’événement en mangeant un peu mieux ce soir. Fait notable : presque tous les touristes présents sont hollandais a l’exception de 2 finlandais.
Je ne me sens pas très bien, un mélange de coup de soleil, coup de froid et un truc mangé qui n’est pas passe. Je commence la route avec Line et Ampuri dans la plaine mais au bout d’1h je ne peux plus, j’ai du mal à aligner 1 p[as devant l’autre et préfère retourner. Le vent est fort, froid et incessant, le retour sera très pénible. A l’arrivée, je commande à manger puis vais directement au lit qui est une sorte de grande chambre froide. Rien de bien notable pour la suite de la journée à part un hélicoptère qui a atterri dans la plaine.
Départ un peu à la bourre vers le Cherko Ri (4984 m) mais nous avons tout, c’est le principal. Pour la 1ere fois, mon petit sac a dos est de sortie, 4 ou 5 Kgs, pas plus. Le chemin part vers l’ Est et commence par traverser une courte plaine avant de cheminer sur les collines. L’ascension commence après la traversée de la rivière, une suite de lacets gauche/droite sans fin amène a plus de 4600m non sans passe dans de jolis décors, certes un peu râpé mais impressionnant, les yaks et les naks rajoutent au tableau. Surprise florale, des iris à plus de 4000 m! A partir de 4600, 2 choses changent : le vent est aussi glacial qu’il est présent et le chemin est composé d’une avalanche de pierre. Line a une incroyable énergie et semble a peine fatiguée bien que nous doutions tous deux de pouvoir arriver au sommet. Je finis par porter tous mes vêtements mais la température reste juste, le sommet est autant un but qu’une délivrance car il n’y a plus de vent et nous n’aurons plus à grimper ! La vue est splendide à 360 degrés, que des pics, glaciers et la vue sur la vallée. C’est aussi l’émotion du sommet qui, bien que modeste pour l’Himalaya, n’en reste pas moins fort. Nous y resterons 1 heure environ, le temps de voir arriver un australien en short ! La monte nous a pris 3h30, la descente 1h de moins, nous arrivons bien cassé. Reste à faire, dans l’ordre, douche, lessive, stretching, achat de fromage et attente que le feu soit allumé dans la salle commune pour pouvoir mettre dessus la tasse empruntée la veille, la tasse d’eau chaude étant vendue 20 Rs/-, un vrai scandale.
Nous quittons le village vers 7h45, la route est assez facile et nous sommes a Las vegas Langtang 2 heures après. Nous n’y restons pas car il n’y a vraiment rien de particulier et la vue sur la montagne du même nom n’est même pas exceptionnel, nous irons donc jusqu’a Mundi pour manger un peu, les prix ont encore augmente, il va bientôt falloir une brouette d’argent pour payer… A Mundi, un choix important est à faire : rester sur place ou filer a Kyangjin Gompa. Le dénivelé total est important et la distance longue mais si nous faisons le chemin, nous aurons la possibilité de faire des randonnées de 1 jour sans sac des le lendemain. Malgré la fatigue qui commence à peser, nous choisissons de faire un petit effort. Le vent souffle et la température a beaucoup chute, veste et bonnet sont de rigueur. Le décor est désolé et caillouteux à souhait, quelques yak et chevaux clairsemé agrémente le paysage ainsi qu’un glacier, le Lirung. A Kyangjin Gompa, le temps semble changeant et est froid comme a Ushuaïa. Le village n’a rien de magnifique mais est un joyau en comparaison de Langtang. Les vues sont magnifiques et renforcent l’impression de bout du monde. Le lodge du jour est le « view point » avec eau tiède, j’en profite pour une lessive, mon pantalon n’étant plus que l’ombre de lui-même, et aussi pour me raser avec l’aide d’un miroir qui doit surement appartenir a Barbie tellement il est petit ! Avant le diner, un passage a la fromagerie s’impose, 250 grs de fromage de yak, ca ressemble un peu a de la tome de montagne.
Kathmandu
Madrid











