La sortie de Kutumsang est une montée courte mais ravinée, pleine de vaches ce jour la. Le ciel est dégagé et des 9h du matin, règne une chaleur accablante qui durera jusqu’au soir. Le 1er obstacle d’envergure sera les indiens qui non seulement sont disséminés sur une centaine de mètres mais surtout ne laisse pas passer, p…. d’indiens ! Le dépassement final se fera en plaine et nous sommes décidés à ne pas nous faire rattraper. Le 1er village d’importance est Gul Bhanjyang (2130 m), la proximité de la capitale se fait sentir car les rues sont ordonnées et les enfants moins réservés. En sortie de village, la route mont jusqu’a un stupa, 2 enfants mangent des mûres d’une jolie couleur orange que nous goûterons plus tard dans la journée. La végétation est si dense qu’il est impossible, en regardant le flanc de la montagne, de deviner ou passe la route. A Thodang, nous avons une vue imprenable sur la vallée et sur la descente vers Chipling qui s’annonce difficile et chaotique. Chipling est un joli village borde de cultures en terrasse, nous nous y arrêtons 5 minutes pour faire une pause fruits secs avant de mettre le cap vers le Lama guest house qui nous a été recommande a Kutumsang. Le chemin est cette fois très pentu en descente et très pénible, ce ne sont que des cailloux instable qui roulent sous nos pas. Le martyr durera 40 minutes jusqu’au Lama guest house et la pause déjeuner sera agrémenté pour la 1ere fois d’un the à la menthe fraiche et sauvage. A partir d’ici, la route est large et des jeeps peuvent l’emprunter, les enfants sont limites pénibles, ca respire Kathmandu… L’arrivée à Chisopani passe par une montée un peu raide d’environ 1h. Chisopani est un village assez laid qui tranche radicalement avec ceux des jours passes, on ne peut s’y arrêter par pur plaisir. Son seul bon point est la vue cote vallée car pour le reste, c’est zéro !
Ce matin, c’est la forme olympique, ca faisait bien longtemps que le matin ne commence pas comme dans un frigo. Le temps est clair et dégagé et après un petit déjeuner vite expédié, nous mettons le cap vers Mangengoth. Le chemin est vraiment très joli et la vue impressionnante, ce sont des massifs arborescents de toutes part avec des sommets enneigées au loin et les rhododendrons rouges ont laisses leur pétales au sol. Il fait vite chaud, nous n’étions plus habitue, le T-shirt redevient de rigueur. La descente est relativement soft avec des passages en escalier acceptable pour les jambes. Les 1h30 qui nous séparaient de Mangengoth sont vite passes. Le village en lui-même est situe dans un cadre idyllique et les lodges, séparés en 2 groupes distants et caches de 800 mètres environ, sont faits avec gout et sont très correct mais ce serait une étape un peu courte pour s’y arrêter. La sortie de Mangengoth est marque par une descente abrupte et pénible qui caractérisera la plus grande partie du trajet jusqu’à Kutumsang. Il commence à faire vraiment très chaud maintenant et la descente, qui commence à s’apparenter a de l’alpinisme, met a mal les articulations, je suis content de ne pas avoir à faire le chemin dans l’autre sens. La vue sur les versants environnants laisse voir de multiples villages, cette altitude est plus douce et propice a la vie en communauté, la population semble heureuse de cette vie plus confortable qu’a Kathmandu a bien des égards. Kutumsang apparaît comme un havre de paix, village tout en longueur, jolie vue et le 1er lodge, le Namaste, a des prix très correct et douche chaude gratuite. Nous sommes arrives tôt mais décidons de rester, nous avons de la lessive en retard et le fait de pouvoir rester en T-shirt et pantalon court est tentante. Le havre de paix ne sera trouble passagèrement que par le passage de la cohorte d’indiens qui, heureusement, choisira finalement de faire halte dans un autre lodge.
La cohorte indienne est un réveil efficace qui se met en branle des 5h30 pétante. Comme ils sont 4 par chambre de 2 (pour payer moins cher), le bruit issu du bordel qu’ils produisent est colossal. La mise en route pour nous sera toutefois la même et après un bon petit déjeuner, nous quittons Pasang, le propriétaire du « Lakeside », qui est vraiment très gentil et mérite qu’on s’arrête chez lui. La route commence par l’ascension jusqu’a Laurebinayak pass (4610 m), le chemin est en pente douce et assez facile a suivre bien que ce soit un champ de cailloux. Presque au sommet, un grand lac gelé marque la fin des 1ers efforts. S’ensuit alors une longue descente dans un grand champ de cailloux un peu plus pénible cette fois. Après 1h15 de marche, nous arrivons à une petite maison qui sert du thé et autres choses courantes. Le décor est lugubre, le paysage est désolé, la brume omniprésente et bouche la vue a 20 mètres, le chemin est désormais uniquement composé de cailloux qui rendent la marche pénible et difficile et les corbeaux coassent, on se croirait dans un film d’épouvante, un zombie va surement apparaître sous peu ! Les 35 minutes suivantes se passent sous ces conditions pas très égaillées jusqu’a Phedi, petit village qui se résume à 1 lodge et 2 maisons. Nous nous arrêtons pour souffler 10 minutes et manger des fruits secs avant de repartir. Je pense aux forêts de rhododendrons qui sont bien loin maintenant. La prochaine étape sera Ghopte dont nous ignorons la distance réelle, nous avons entendu des prévisions entre 3 et 5h ce qui fait une bonne grosse différence. Nous partons à l’assaut du chemin, la végétation change du tout au tout, ce sont principalement des bambous fins et a troncs noirs. Le temps aussi change, la brume qui s’était dissiper est maintenant dense a couper au couteau et il tombe quelques gouttes. Pour couronner le tout, le chemin est une longue succession de montée/descente éprouvante ce qui fait que le temps coule beaucoup plus lentement, nous sommes démoralisés, impuissants et affamés, une mauvaise combinaison qui n’aura qu’un bon côté, le ralliement a Ghopte ne prendra que 2h. Ghopte n’a rien de beau, c’est même particulièrement laid et donne assez peu envie d’y rester, il n’y a de toute façon que 2 lodges et aucune maison donc, voyageur, passe ton chemin ! Je prendrai tout de même une « douche » rapide, mon odeur corporelle ayant encore grimpe d’un niveau dans le pas très frais. Ce fut émouvant de se laver dans un réduit où on ne peut pas tenir debout et ou la porte d’entrée a des écarts de 1 a 2 cm entre les planches, c’est un intéressant concept d’intimité. En sortant de la ‘douche » la bonne surprise est la, le soleil ! Je suis très motivé pour partir et selon les estimations, Tharepati ne serait qu’à 2 heures de marche. Je suis pressé et nerveux de m’éloigner de cet endroit et marche assez vite les 30 premières minutes. La brune est moins dense, les rhododendrons sont revenus et les oiseaux semblent venir des tropiques, c’est une sorte de mini-paradis jusqu’a la 1ere et seule vraie grosse montée qui s’éternise, j’en ai vraiment marre, Line aussi et la pluie revient un peu accompagnée d’éclairs et de tonnerres, heureusement que Tharepati est en vue et à une vingtaine de minutes. En arrivant au 1er lodge, la brume est de nouveau épaisse et 5 minutes après, la pluie s’est transforme en grêle et tombe comme dans une grosse tempête, nous sommes arrivés juste à temps mais toutefois trempés et fatigués, le lodge est heureusement très bien, il ressemble beaucoup a celui de Tatopani du trek de Tamang mais le proprio est un peu bizarre et pour la 1ère fois, celui qui veut du ketchup doit payer un supplément !
Réveil froid et tardif bien qu’un beau ciel bleu soit présent. Après le petit déjeuner, nous nous dirigeons vers les hauteurs a proximité du lodge, l’ascension prendra 30-40 minutes et nous permettra d’avoir une belle vue sur 2 vallées, des montagnes suspendues en l’air comme toile de fond. Les courants ascendants favorisent l’apparition de brume instantanée qui peut totalement bouche la vue en moins d’une minute. Au gré du vent, des parties de montagnes et de vallée apparaissent fugacement avant d’être à nouveau englouties. Nous restons un long moment au sommet ou il n’y a pas de vent et ou la température est très agréable. La descente sera rapide, rectiligne et fatigante, plus aucune énergie en arrivant au lodge. Un bon thé noir bien sucré permet de recharger les piles et d’entreprendre la route vers les lacs gelés au dessus de gosainkud. Cette fois, plus de ciel bleu, de la brume partout et quelques rongeurs peu farouche a mi-chemin entre le lapin et le cochon d’inde. Au 1er lac règne un silence absolu de temps à autre interrompu par les craquements de la montagne d’en face. Le 2nd, bien plus grand et plus joli est aussi nettement plus venté. La fatigue et le froid accumulé nous font retourner au lodge ou la congrégation d’indiens, 19 au total, croisée a Cholangpati, a décidée de faire halte. Curiosité : bien que la température soit faible l’un d’eux est habillé comme pour aller à la plage, en tongue et short de bain ! Vu le nombre d’occupants ce soir, ca risque d’être dur de fermer l’œil, une goutte de raksi devrait m’aider dans ce sens.
Réveil gelé mais vue superbe sur les montagnes enneigées qui semblent suspendues dans l’air, leur base se fondant avec la couleur du ciel. Le 1er objectif est de monter jusqu’au Stupa et temple bouddhiste, ca monte bien raide pendant 1 heure sans s’arrêter. Une fois au Stupa, la route est relativement plate si tant est qu’on puisse parler de route plate au Népal. La suite est donc une route à flanc de montagne, nous sommes suspendus dans les nuages, dans un décor de roche noir et verte irréaliste. Il y a de nombreux lacs d’altitude, le gosainkud est a la hauteur du village du même nom, à 1 heure de marche du Stupa environ et du temple bouddhiste. Le village est en fait un amas de lodge ou le passage est faible. Nous nous arrêtons au « Namaste » car le propriétaire, croise le matin, nous a dit que les chambres seraient gratuites. Nous faisons le tour du lac puis après déjeuner nous changeons de lodge car les personnes du « Namaste » semblent se foutre royalement de leurs clients alors qu’au « Lakeside » situe juste en face, le patron est très attentif et sympathique et après négociation de 30 secondes, le couchage est gratuit. Après installation, nous passons le reste de la journée autour du poêle d’abord éteint puis devant le nombre grandissant de personne, le poêle est allumé. Le reste de la soirée s’apparentera a une veille multiculturelle.
Ce matin, le réveil sonne en vain, je n’ai pas envie de me lever, mes jambes sont encore fatiguées de la veille. Le lever se passe bien après l’heure habituelle, le petit déjeuner à lieu dans le cadre le plus tranquille depuis le début avec des montagnes enneigées au lointain comme toile de fond. Le lodge étant de plus très accueillant, il faudra un bon moment avant de bouger vers plus loin. L’objectif du jour est Laurebina, proche à vol d’ oiseau mais avec un dénivelé terrible. Un jeune du lodge nous parles d’un raccourci qui permettrait de réduire sensiblement le temps de marche, nous optons pour cette solution, il faut toutefois trouver le début du raccourci en question, il est un peu planqué, nous passerons un long et incertain moment dans la foret sans aucun repère avant de trouver la maison et le stupa qui marque le début du raccourci. Le hasard faisant bien les choses, 3 gamins grimpent par là et se dirigent vers la montagne, ils nous disent que le chemin que nous voyons est bien le bon et mène a notre destination. Le plus âgé est près à nous guider mais demande quand même un peu cher, ce sera donc non merci ! A ce moment, 3 nouveaux apparaissent a la maison en contrebas, 1 américain et 2 népalais qui vont dans la même direction que nous et accepte que nous les suivions. Ils ont un rythme de course que nous ne pouvons pas suivre mais s’arrêtent pour nous attendre de temps en temps. Au 1er lodge que nous croisons, nous préférons qu’ils continuent sans nous car c’est très gênant de les retarder a ce point. Ils partent donc devant en nous disant qu’ils feront des marques au sol pour que nous ne nous trompions pas, de vrais gentlemen. La suite de la route grimpe franchement mais est magnifique, une longue portion passant dans une forêt de rhododendrons blancs, roses et rouges, il y en a des milliers avec des boules de fleurs 2 fois plus grosses qu’une balle de tennis. Bien que très joli, nous sommes très heureux d’arriver a Cholangpati ou nous retrouvons Ian, Urken et son frère qui nous devançaient seulement d’une dizaine de minutes. Le déjeuner est pas mal et après un bon moment de repos, nous reprenons la route. Le chemin est large et surement fait par les romains car ce ne sont que des pierres plates disposées en escalier, un vrai plaisir. Le sommet est atteint en 1h et comme nous sommes recommandes par Urken, le prix de la chambre passe de 500 a 200 Rs/- ! Le patron du mount rest est un vrai numéro, il devrait showman ou être interne dans un asile. Nous avons la chance de voir le vol de 3 aigles au dessus de l’hôtel, dommage que la vue des alentours soit un peu bouchée.
Bouclage des sacs puis départ en direction de Bamboo lodge puis Hotspring hôtel, c’est une longue descente de 2455m a 1640m qui prend environ 2h. Sur le chemin, nous apercevons une échelle de corde a flanc de montagne ou mieux dit, complètement dans le vide a l’exception de l’extrémité supérieure solidement arrime. L’échelle ne donne pas une confiance absolue et monte à une vingtaine de mètres au dessus d’un sol caillouteux a souhait. L’échelle mène a proximité de 2 énormes ruches sauvages. Nous devions ensuite continue sur Pahare lodge mais un blouglou spatio-temporel couple a une erreur d’aiguillage nous conduit a Domen. Un thé noir et un chapati plus tard, nous avons 2 options : retourner en arrière une dizaine de minutes pour prendre le bon embranchement et faire 2h30 de chemin ou prendre un chemin de cabri qui commence juste la et nous ferait gagner de 1h a 1h30. Après moult réflexions, ce sera le chemin de cabri, large comme 2 pieds cote à cote et grimpant comme une échelle meunière sur plus de 600m de dénivelé, un bon challenge que nous relèverons en 1h15 pour arriver au bas de Thulo syaphru, un village tout en pente. En allant vers le haut, ou se situe principalement les lodges, nous passons devant des récolteurs de miel en plein travail, ca grouille d’abeilles ! Nous continuons jusqu’en haut pour manger, j’en profite pour acheter des pommes, je suis en manque de fruits. Les pommes sont petites et vendues à prix d’or même après négociation mais ca fait du bien. Après mangé, le sosie de Charles Bronson nous indique le chemin pour Dursagang par le chemin local. En route, nous sommes rejoint par Subba, nouvellement propriétaire du lodge Lhassa guest house a Sing gompa et ancien guide, qui emprunte justement le même chemin. Son aide est précieuse car il y a tellement de chemin qui se coupe et se recoupe qu’il est facile de s’égarer. Les pommes de midi se vengeront tour à tour sur Line et sur moi, nous utiliserons les « free toilets » pour ne pas nous décomposer sur place. L’arrivée au Moutain view de Dursagang, maison familiale accueillant rarement des touristes, est un soulagement, je suis complètement vide, la somme du dénivelé totale dépasse les 1750m, je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais fait ca, mon T-shirt a pris une nouvelle teinte et mon odeur corporelle rappelle à s’y méprendre celle d’une porcherie en plein été ! Le chef des lieux est très sympathique et se plie en 4 pour nous faire sentir à l’aise. Le repas du soir aura le double du volume par rapport a l’habituel et ce pour un prix dérisoire, bonne adresse.
Kathmandu
Madrid











