Dursagang

Ce matin, le réveil sonne en vain, je n’ai pas envie de me lever, mes jambes sont encore fatiguées de la veille. Le lever se passe bien après l’heure habituelle, le petit déjeuner à lieu dans le cadre le plus tranquille depuis le début avec des montagnes enneigées au lointain comme toile de fond. Le lodge étant de plus très accueillant, il faudra un bon moment avant de bouger vers plus loin. L’objectif du jour est Laurebina, proche à vol d’ oiseau mais avec un dénivelé terrible. Un jeune du lodge nous parles d’un raccourci qui permettrait de réduire sensiblement le temps de marche, nous optons pour cette solution, il faut toutefois trouver le début du raccourci en question, il est un peu planqué, nous passerons un long et incertain moment dans la foret sans aucun repère avant de trouver la maison et le stupa qui marque le début du raccourci. Le hasard faisant bien les choses, 3 gamins grimpent par là et se dirigent vers la montagne, ils nous disent que le chemin que nous voyons est bien le bon et mène a notre destination. Le plus âgé est près à nous guider mais demande quand même un peu cher, ce sera donc non merci ! A ce moment, 3 nouveaux apparaissent a la maison en contrebas, 1 américain et 2 népalais qui vont dans la même direction que nous et accepte que nous les suivions. Ils ont un rythme de course que nous ne pouvons pas suivre mais s’arrêtent pour nous attendre de temps en temps. Au 1er lodge que nous croisons, nous préférons qu’ils continuent sans nous car c’est très gênant de les retarder a ce point. Ils partent donc devant en nous disant qu’ils feront des marques au sol pour que nous ne nous trompions pas, de vrais gentlemen. La suite de la route grimpe franchement mais est magnifique, une longue portion passant dans une forêt de rhododendrons blancs, roses et rouges, il y en a des milliers avec des boules de fleurs 2 fois plus grosses qu’une balle de tennis. Bien que très joli, nous sommes très heureux d’arriver a Cholangpati ou nous retrouvons Ian, Urken et son frère qui nous devançaient seulement d’une dizaine de minutes. Le déjeuner est pas mal et après un bon moment de repos, nous reprenons la route. Le chemin est large et surement fait par les romains car ce ne sont que des pierres plates disposées en escalier, un vrai plaisir. Le sommet est atteint en 1h et comme nous sommes recommandes par Urken, le prix de la chambre passe de 500 a 200 Rs/- ! Le patron du mount rest est un vrai numéro, il devrait showman ou être interne dans un asile. Nous avons la chance de voir le vol de 3 aigles au dessus de l’hôtel, dommage que la vue des alentours soit un peu bouchée.

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Bouclage des sacs puis départ en direction de Bamboo lodge puis Hotspring hôtel, c’est une longue descente de 2455m a 1640m qui prend environ 2h. Sur le chemin, nous apercevons une échelle de corde a flanc de montagne ou mieux dit, complètement dans le vide a l’exception de l’extrémité supérieure solidement arrime. L’échelle ne donne pas une confiance absolue et monte à une vingtaine de mètres au dessus d’un sol caillouteux a souhait. L’échelle mène a proximité de 2 énormes ruches sauvages. Nous devions ensuite continue sur Pahare lodge mais un blouglou spatio-temporel couple a une erreur d’aiguillage nous conduit a Domen. Un thé noir et un chapati plus tard, nous avons 2 options : retourner en arrière une dizaine de minutes pour prendre le bon embranchement et faire 2h30 de chemin ou prendre un chemin de cabri qui commence juste la et nous ferait gagner de 1h a 1h30. Après moult réflexions, ce sera le chemin de cabri, large comme 2 pieds cote à cote et grimpant comme une échelle meunière sur plus de 600m de dénivelé, un bon challenge que nous relèverons en 1h15 pour arriver au bas de Thulo syaphru, un village tout en pente. En allant vers le haut, ou se situe principalement les lodges, nous passons devant des récolteurs de miel en plein travail, ca grouille d’abeilles ! Nous continuons jusqu’en haut pour manger, j’en profite pour acheter des pommes, je suis en manque de fruits. Les pommes sont petites et vendues à prix d’or même après négociation mais ca fait du bien. Après mangé, le sosie de Charles Bronson nous indique le chemin pour Dursagang par le chemin local. En route, nous sommes rejoint par Subba, nouvellement propriétaire du lodge Lhassa guest house a Sing gompa et ancien guide, qui emprunte justement le même chemin. Son aide est précieuse car il y a tellement de chemin qui se coupe et se recoupe qu’il est facile de s’égarer. Les pommes de midi se vengeront tour à tour sur Line et sur moi, nous utiliserons les « free toilets » pour ne pas nous décomposer sur place. L’arrivée au Moutain view de Dursagang, maison familiale accueillant rarement des touristes, est un soulagement, je suis complètement vide, la somme du dénivelé totale dépasse les 1750m, je n’ai pas le souvenir d’avoir jamais fait ca, mon T-shirt a pris une nouvelle teinte et mon odeur corporelle rappelle à s’y méprendre celle d’une porcherie en plein été ! Le chef des lieux est très sympathique et se plie en 4 pour nous faire sentir à l’aise. Le repas du soir aura le double du volume par rapport a l’habituel et ce pour un prix dérisoire, bonne adresse.

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