Durbar square
Dernier jour plein et comme prévu, je me repens d’avoir loupé plein de choses mais à chaque fois c’est pareil ! Je pars tôt arpenter les rues de la vieille ville car le matin est le moment dédié à la dévotion religieuse et chaque temple, lingam, chaitya, stupa à son lot de dévot, Durbar square en attire un bon paquet. Les magasins ouvrent lentement, la vie reprend et je me rends à l’évidence : si je ne mange pas d’ici 20 minutes, je vais m’effondrer. Je prends le temps, j’ai acheté des bananes et 4 sur 12 finiront leur existence en 12 secondes. Après ça, que faire pour ce dernier jour ? Bhaktapur m’avait fait forte impression mais j’y étais encore il y a 2 jours et prendre le bus aujourd’hui ne me motive pas, j’opte pour Swayambunath et plus exactement le tour extérieur que je n’ai pas fait et je m’en voudrai de partir sans ce souvenir. Je prends encore une nouvelle route, la plus directe en fait, 40 minutes à pied environ. Autour de la colline de Swayambunath ce ne sont que des moulins à prières, certains gros comme des caravanes et motorisés ! Je monte par une des entrées gratuites à proximité du temple bouddhisteet filme les singes dont 1 au moins semble ne pas apprécier. Un homme venant dans l’autre direction, au regard hagard et à la démarche de zombie, se baissera pour ramasser un caillou et le jeter sur les singes, j’ai pas compris. Mon tour fini, je retourne à Thmael, actualise la partie blog du site et vais faire mes dernières courses en prévision de demain. Mon sac à dos pèse 3 tonnes, il dépasse surement le poids limite de 15 Kgs pour le dernier de mes 4 vols. Pour mon dernier repas au Kavreli2, j’aurai le droit de manger un Dhindo accompagné de plusieurs trucs, en avant première car, s’il est bien sur la carte, il n’est pas prévu de le servir avant demain. Ce havre de paix nocturne me manquera…
Je suis reste à lire jusqu’à tard, très tard même, je ne suis pas décidé à remuer trop tôt. Au programme du matin, ce sera lessive, petit déjeuner, cyber, déjeuner et c’est tout ! Je reste en état larvaire dans la chambre, je ne suis motivé par rien. Je me fais violence pour aller voir le bonhomme avec qui j’ai parlé chiffons l’autre jour, il n’a pas les modèles de saris prévu et file les chercher, je reste en attente avec son frère qui est un peu saoulant. Au retour du « boss », je me demande s’il ne me prend pas pour un demeuré, j’ai vu des nappes en papier de meilleur qualité que les saris qu’il prétend me vendre et ca ne me plaît pas, je force ma diplomatie pour lui dire que l’image des saris qu’il ma vendu ne correspond pas a celle que j’ai en face des yeux et lui se met a blatérer qu’il s’est déplacé exprès et qu’en gros, je dois acheter parce que j’ai des sous ! Je crois que je ne reviendrai plus chez lui, les vendeurs ont tendance à devenir assez rapidement agressifs et le fait de demander un prix est presque une obligation d’achat, c’est chiant. Au détour des rues, je trouverai des saris de bien meilleur qualité, beaucoup plus beau et a des prix corrects ceci dit, le vendeur que j’ai eu la faiblesse d’accompagner a son dépôt m’empêche purement et simplement de sortir quand je lui dis ne pas être intéressé… Je file a durbar square pour me détendre et décide finalement de voir si je peux avancer mon retour car ça commence à me peser sévère ! Ma tentative de contact de l’agence se soldera par 50 min. d’attente musicale… En sortant du cyber, je m’arrête 5 secondes pour y rajouter une note, c’est plus que suffisant pour me faire aborder par un vendeur crampon et répétition 20 secondes après, ils sont très lourds aujourd’hui. A l’hôtel, pendant que je suis sous la douche, quelqu’un viendra éteindre la lumière, peut être pour tenter de me retarder et avoir le temps d’entrer dans ma chambre seulement pas de bol, j’ai toujours ma lampe sur moi et je ferme systématiquement a clé. Je verrai pour envoyer mes achats par la poste demain.
Pour la 1ère fois depuis longtemps, je me lève après 7h, je ne suis pas pressé. Les bouchons d’oreille ont bien remplis leur fonction et j’ai pu dormir normalement, seule la couverture, qui pue la fumée, m’a gêné un peu. Je prends le petit déjeuner au Big belly, je crois que ce sera ma cantine matinale car ce n’est pas cher (pour le petit déjeuner), c’est bien, tranquille et le cadre est plutôt pas mal. Je file ensuite sur durbar square, me refait un passe permanent que je tacherai de ne pas lessive puis part en quête d’un tempo safa pour Patan. Dans ce coin, ca parle nettement moins anglais mais je finis par trouver, ce sera mon 1er tempo safa, je descends toutefois avant de traverser la rivière pour finir a pied, ca ira plus vite ! La rivière en question, la Bagmati, est sale et polluée a un point que je n’avais jamais vu encore. Les bords sont remplis de montagne de déchets et des « ilots décharge » font office de végétation, l’eau est noire comme du charbon et semble peu profonde a cet endroit. L’odeur de décomposition en plein soleil est insupportable, un dé a coudre de cette mixture doit vous envoyer direct a la morgue ou aux soins intensifs d’urgence ! 15 min. plus tard, je suis aux portes de la cité, de nombreux magasins exposent des statues en métal d’une grande finesse, c’est très beau. A durbar square (celui de Patan), l’entrée est libre pour le moment, il n’y a personnes au guichet, tant mieux. C’est le plus petit des 3 durbar square (il y en a 1 a Kathmandú, 1 à Bhaktapur et le dernier est celui de Patan) de la vallée, il est très bien conservé et il n’y a pas autant de travaux qu’a celui de KTM. L’entrée du musée est prohibitive, 250 Rs/-, je n’entrerai pas car les 4 derniers étaient plutôt moyen, je ne pense pas investir pour être déçu. Le patron du resto au centre de la cour du musée m’invite à faire le tour rieur gratuitement, les affaires doivent être moyenne pour lui, ca me ferait mal d’avoir à débourser 250 Rs/- pour avoir le droit de manger dans son resto ! Les guides sont lourds, très lourds même, impossible d’être tranquille que ce soit en marchant ou en s’asseyant pour lire, je sors donc de durbar, un peu a cause d’eux, pour m’aventurer dans le reste de la ville et mes pas me conduisent au temple de Machhendranath qui est le centre d’une fête annuelle et assure une liaison entre bouddhisme et hindouisme, autant dire qu’il est important, la grande et grosse barrière métallique qui l’entoure enlève tout doute a ce sujet. Continuant sur ma lancée, je passe devant un marché/station de bus puis vais manger un peu plus loin. Mon objectif est le zoo de Patan, le seul du pays et pourtant je n’y rentrerai pas, je comprends de moins en moins les prix, 5 fois plus pour moi que pour un népalais, c’est juste scandaleux a ces niveaux, je ne verrai pas les écureuils géants. Je décide de rallier Thamel a pied ce qi est une bonne idée car je traverse la « vraie » ville qui, bien que fortement bordélique, est un reflet réel de la vie de tous les jours, les magasins affichent aussi des prix fixes, ça fait plaisir. Je visiterai quelques galeries commerciales avec certains produits, originaux, qui sont 5 fois moins cher qu’en Europe ! Je remonte par le Durbar square de KTM, parle a l’un des vendeurs « espagnol » de thangka, continue sur Thamel ou j’achète un sac en laine puis 5 T-shirts. Je change de cyber, mon habituel étant ferme. Conseil : téléchargez votre navigateur préféré, mettez le sur USB et installez le sur l’ordinateur que vous utilisez car les versions sont parfois anciennes voir préhistorique, les mises à jour ne sont pas leur priorité ! Je file ensuite diner au Kavreli2, tout y bien, sauf un petit caillou dans mon plat ce soir.
Passé 5h30, gardez l’œil ferme relève de l’abnégation la plus totale, le service éboueur entre en action, les poubelles de la veille ayant fini leur trajet dans la rue juste en bas. Un tracteur Bhaktapurien passe ainsi que des motos, le soleil n’est pas en reste et sortir en short de bain serait le plus adéquat si la culture du pays s’y prêtait. Je commence par rattraper mon retard d’écriture puis une bonne douche froide, le genre qui tombe en ligne direct au dessus des WC turcs. Accrocher sa serviette à un endroit qui ne soit pas une réserve à poussière relève de l’utopie, mon caleçon rutilant sera donc partiellement transformé en torchon pour marie-pierre Casey. Le bon de l’histoire c’est que demain, ce sera propre. Le petit déjeuner se fera sur la terrasse à coup de pommes et de bananes achetées la veille. La vue, bien qu’embrumée, reste belle et a en elle cet élément indéfini qui ne se retrouve que dans les pays en voie de développement, pour ne pas dire pauvre. La ville a ses sons propres, de nombreux oiseaux, des enfants qui jouent avec des pétards, des poules, des tracteurs, des avions a hélices, le brouhaha de la remise en marche mais aussi ses odeurs et celle qui m’intéresse a le parfum du beignet justement sucre et a 5 Rs/- l’unité seulement. De nouvelles emplettes s’imposent : eau, PQ, crème pour la peau, savon pour la lessive puis un tour en ville en tentant de suivre l’itinéraire décrit dans le guide. Les pérégrinations infructueuses nous mèneront un peu partout sauf la ou il faut, nous finirons par atterrir dans une école bouddhiste juste avant leur repas. Un moine très gentil nous expliquera succinctement le fonctionnement de l’école et nous invitera même à manger avec eux mais nous refuserons, plus par sentiment de gène qu’autre chose. C’est aussi par lui que nous apprendrons le désastre qu’a apparemment crée un volcan en Europe. Nous reprenons notre chemin qui nous mènera à de nombreux temples et bassins jusqu’à celui a cote du temple de Mahakali, qui est justement en cours de repeinturlurage. La faim s’installe et trouvera refuge au Ganesh guest house, d’une propreté douteuse et dont le patron ne doit rigoler qu’une fois tous les 12 ans mais la terrasse est bien et la cuisine aussi, le buff chilly est superbe, le chilly devait être en promo ce jour la. De nouveaux achats : carottes, concombres, mangues et bananes puis flânage dans les rues de durbar square, les artisans Népalais sont vraiment de 1ere catégorie, les détails sont hallucinants. Un petit tour en dehors des murs de la cite nous amène a une échoppe de juju dhau, ce yaourt est vraiment excellent ! Un coup de communication électronique plus tard, nous sommes au Newa family restaurant dont le buff curry est en fait une sorte de soupe dont l’ingrédient de base semble être le chilly triple épaisseur, c’est immangeable. De retour a la guest house, un peu de lessive, mon pantalon n’ayant pas apprécié les 50m de rambarde en free style de l’après-midi. Je suis a moitie suffocant et, à la lueur d’une bougie, je finis de coucher la journée et moi-même.
Je commence le jour par une longue conversation avec Gokul afin que tout soit bien en ordre pour tout le monde et aussi pour quelques détails de voyage car il me fait la faveur de m’accompagner, son étant encore en convalescence suite a un grave accident qui a bien failli lui coûter la vie. Tous les détails repassés, il me fait la joie de m’inviter a mange chez lui, le fameux dhaal baat tarkari qui est le plat national et aussi le quotidien d’une grosse majorité de Népalais. Sa femme est très gentille et cuisine divinement, avec les 3 semaines de recul que j’ai a l’écriture de ce post, c’est même le meilleur dhaal baat que j’ai eu l’occasion de manger. Je profite de la fin du repas pour filer au musée Thribuvan sur durbar square. Le musée en lui même n’a rien de palpitant dans ce qui y est exposé, le bâtiment en lui-même est par contre impressionnant, les sculpteurs sur bois se sont déchainés ce jour là et les vues depuis le musée sur durbar square sont a coupe le souffle. Après un très long moment au musée que je ne voulais plus quitter, je retourne une ultime fois voir Gokul car je le lui avais promis ce qui me valut l’histoire la plus abracadabrantesque que je n’avais jamais vécu. Un client avait eu un souci en montagne au Lobuche (4900 m) et avait du se faire rapatrier d’urgence. L’agence avait pris sur elle de payer le rapatriement car le client en question avait dit pouvoir en assumer le cout et c’est a ce moment que j’entre en scène. Le client est un français mais sourd-muet et ne comprend pas l’anglais, sa mère est d’origine Kabyle et ne parle pas le français, son père est décédé, ses frères et sœurs portes disparus et son assurance n’est que sanitaire et non de rapatriement. La tension est assez forte car c’est tellement tarabiscoté que personne a l’agence ne croit son histoire d’autant plus que le coût du rapatriement met directement en péril la continuité de l’agence et le client s’enfonce dans le fait qu’il ne comprend pas bien la situation. La tension monte un peu et je dois à la fois communiquer avec Alki (le sourd-muet) en écrivant en français et avec Gokul en espagnol qui traduit aux autres en Népalais ! Je commence par téléphoner au Nº de téléphone au dos de la carte d’Alki et surprise, ils ne peuvent rien pour moi mais heureusement me donne le nom du conseiller (dont Alki ne se souvenait plus) que j’appelle de suite, soit 30 minutes de conversation après quand même. Le conseiller doit surement se demander ce qu’il a mis dans son café ce matin la quand je lui raconte l’histoire complète, je me demande moi-même si je la croirai a sa place mais je mets toutes les formes et toute la force de négociation que je peux pour essayer de trouver une solution avec que ceux de l’agence ne décide de jeter Alki par la fenêtre ou de le pendre avec ses tripes car côté bureau, la tension s’apaise mais reste vive. Après un très très long moment, le conseiller, qui ne peux rien lui-même, les fonds nécessaires étant bloqué en assurance vie, m’envoie vers un bureau central seul apte a faire le nécessaire. C’est donc un nouveau Nº à faire, plusieurs fois d’ailleurs car je dois être tombé en pleine pause café bref, 15 minutes plus tard, une dame décroche et je lui explique a nouveau la situation et tout mon parcours pour l’avoir. 4 secondes après, je frise péter un plomb quand elle me dit d’appeler au 1er Nº et lui demande directement si elle ne serait pas en train de se foutre de ma gueule et commence à hausser un peu le ton dans la limite du correct mais je n’ai pas passé 2 heures au téléphone pour qu’on me renvoie au point de départ. Je suis mis en attente et, je passerai les détails longs et chiants de la suite, les fonds qui normalement ne pouvait être débloqué qu’au mieux 1 semaine plus tard sont libérés dans les 10 minutes contre quelques menus preuves de notre bonne foi, alléluïa. Tout le monde exulte, Alki ne sera pas bouffer en Dhaal baat et personne ne perdra son emploi ! Je suis de nouveau invité par Gokul pour diner ce soir, tout le monde est content et son frère, directeur de l’agence, me ramènera en moto, j’ai bien cru que ma dernière heure était arrivé, conduire à moto a KTM revient à donner un bon coup de pied dans les roubignoles d’un pit bull et espérer que tout se passera bien ensuite ! La nuit sera reposante, j’en aurai bien besoin.
Grande journée, tellement longue qu’elle a commence hier au soir avec la rencontre d’un français qui vit au Népal après y avoir séjourné plusieurs mois plusieurs fois et a souhaité allé plus loin dans son implication. Il se dédie au tourisme, qui génère 80% des revenus au Népal. Ivan aura d’ici quelques mois une page internet a disposition que je mettrai je ne sais pas ou. Le 31 a commencé avec un tour d’horizon des treks possibles auprès de Gokul, je ne suis pas encore fixe sur la façon dont je vais employer mon temps et dans quel ordre, la nuit portant conseil, je verrai demain. J’ai enchaine sur durbar square dont je mettrai les photos a disposition des que j’aurai trouve un cyber qui me le permette car le souci est la en plus des coupures de courant récurrentes qui plombe les quartiers dans un ordre anarchique, jusqu’à 18 heures par jour quand tout va mal. Egalement une bonne rencontre aujourd’hui en la personne de Bernard Grismayer, bloqué au Népal alors qu’il doit faire un reportage en Inde dans quelques jours… J’ai ensuite mis le cap sur Bodnath, énorme stupa de Kathmandu, a 30 minutes bien tasse de Thamel ou j’ai pris le taxi. Je n’ai pas de mot pour décrire ce que produit Bodnath sur une personne, c’est à voir. De retour au centre ancien, j’ai passe un long moment a flâne dans les rue ou le chaos est assez prononcé mais résulte attrayant en même temps, jusqu’à ce que la pluie me ramène sur terre. La tension générale que j’avais ressentie la veille s’est presque totalement évanouie, je pense que le trekking finira de dissiper le tout. Désolé pour la façon très synthétique de ce post mais ce soir, j’ai pas le temps de faire mieux ! Je n’ai pas de musique qui résume cette journée, j’ai donc opte pour une, écrite par Gainsbourg, qui m’a toujours fait rire.
Brigitte bardot – La bise aux hippies
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