Comme pressentie la veille, a 6h du matin je suis éveillé bien que nous ayons prévu de dormir jusqu’à 7h au moins. Je fais une toilette rapide et profite du paysage. Le soleil se lève sur cette sorte de jungle, la lumière naissante sur la forêt « tropicale » m’a toujours plu, c’est comme dans un livre de Gabriel Garcia-Marquez, chargé d’émotion. Installe dans la chambre contigüe, je regarde le dinning du lodge au toit de tôle ondulé, entoure de bambous, les grilles des fenêtres ainsi que les rideaux ont un air de Provence. Le rose cramoisi des murs et les draps blancs troues donnent l’impression que le temps s’est arrête ici et que je suis en Amérique du sud.
Cesaria Evora – Petit pays
Il faut bien partir, nous ne sommes qu’a 30 minutes de Nayapul et du bus, le 10ème check post est juste avant. Nayapul est vraiment très laide, j’ai du mal à concevoir que le paradis puisse côtoyer une sorte de décharge urbaine telle que ca. Le bus que nous prenons pour Pokhara est un bus local, c’est à dire qu’au dessus de 1,60m, il ne faut pas espérer pouvoir placer ses jambes confortablement et qu’il y aura de la musique à plein volume. En prime, le conducteur joue à faire des zigzags sur la route montante, s’il se plante, on est tous morts ! Le voyage n’a rien de particulier si ce n’est qu’a l’arrivée a Pokhara, 1h30 plus tard, on note une grosse différence avec KTM, on a plus l’impression d’être dans une petite bourgade que dans la 2ème ville du pays, c’est bien plus tranquille, moins de circulation et l’hôtel, pourtant a 2 pas du quartier touristique, n’est pas compressé entre 50 magasins bruyants et stressants, il y a même une grande terrasse avec vue sur le lac d’ou j’écris en ce moment même sur mon carnet. Le sac que j’avais laisse a KTM est bien arrivé sauf que la seule chose que je voulais vraiment, mes chaussures, n’y sont pas… J’appelle Gokul pour une explication et il se trouve qu’il les as aux pieds, en pleine montagne et en plein trekking, je reste zen bien qu’intérieurement je pense qu’il est en train de se foutre de moi, nous avions accordé l’envoi de mon package il y a 17 jours de ça !! Bref, après cet épisode, un peu de lessive et nous allons manger, un poulet au curry pour moi, nettement moins cher et meilleur qu’en montagne. Après manger, nous allons visiter le quartier, mes grosses chaussures de trekking aux pieds, il fait au moins 35 degrés. Il y a plus de diversité immédiate qu’a KTM et les hôtels, magasins et restaurants sont nettement plus soignes. Au fil de notre visite, nous retrouvons Thierry, un français connu dans les montagnes et croise a plusieurs reprises et qui avait arrêté son trek a Jomsom pour prendre l’avion pour Pokhara. Il a eu beaucoup de chance, la grève s’est arrêté juste quand il faut pour lui permettre de rentrer. Pendant que nous bavardons, une longue procession de motard que nous supposons être des maoïstes, défilent devant nous, ils sont plusieurs centaines. Il y a des chances qu’une nouvelle grève éclate, la constitution doit être finie au plus tard le 28 mai et il est plus que probable que ce ne soit pas fait dans les temps, il y aura donc une nouvelle vague de grève et de manifestations qui gèleront le pays, peut être bien avant cette date. Nous accordons avec Thierry de nous retrouver au Lemon tree avec Miguel et Sarah, autant fêter la fin du trek avec le max. de participants. Je cherche une clé USB, un magasin passera de 1890 Rs/- a 1200 Rs/- pour un modèle 4Gb, la transaction se fera planquée derrière un frigo, le charge des lieux ayant a priori envie de se faire un peu d’argent de poche. Nous passerons ensuite un bon moment au Lemon tree, le resto est joli et la nourriture bonne, nous y resterons jusqu’a une heure inhabituellement tardive au Népal, 22h !! Sur le retour, j’achète des pâtisseries, j’ai encore faim !
A 2h30, les patates bouillies ont décidées que j’avais assez dormi, j’ignorais que de simples patates bouillies pouvaient causer cet effet la sur le système digestif. Je patienterai jusqu’a 3h30sans dormir pour me lever, une belle tête de zombie en prime, Line aussi en plus de son mal de gorge de la veille. L’ascension à Poon hill commence à 4h15 avec la motivation d’un fonctionnaire le lundi. Ce sont encore des escaliers, on en avait pas assez bouffe hier ! 45 minutes plus tard, nous sommes au point d’observation avant le lever du soleil, la vue sur les montagnes est grandiose, je prendrai ne bonne série de photos et de vidéos. Il n’y avait pour ainsi dire personne a notre arrivée, nous sommes plus d’une centaine quand nous prenons le chemin de retour au lodge. Après un petit déjeuner pitoyable, nous partons, effectuons le9eme contrôle puis entamons nue nouvelle série de marche, en descente cette fois et ca glisse. Nous passons par une forêt de rhododendron sauf que cette fois, ca me saoule, nous sommes presses d’en finir, nous sommes assez négatif, la communication ouverte ne sera pas le fort des 2 premières heures ou nous traçons comme des sauvages sans profiter de rien. Nous finissons par sortir de la forêt, la vallée s’ouvre à nous, il fait beau et ca sent les tropiques un peu plus fort. Les marches sont taillées et ordonnées sur une route désormais plus large et Hile devient en vue. Le moral revient vite, la chaleur et la transpiration qui va avec aussi. Il faudra un bon moment pour rallier Hile situe a une altitude 2 fois moins élevée que Ghorepani. Nous retrouvons Miguel et Sarah et fixons un rendez-vous au Lemon tree à Pokhara pour le lendemain. Nous irons déjeuner au Dipak qui dispose d’une super terrasse en hauteur. Le riz est bon mais les quantités sont faibles, heureusement que nous sommes de nouveau bien motive. Nous décidons de repartir et de nous arrêter avant Nayapul qui est un avant poste de la civilisation. Birethanti est parfait et son côté tropical très reposant, a seulement 30 min. de Nayapul. Nous irons au Ever green, chambre et nourriture correcte.
Après une bonne douche, le repas en terrasse s’impose, j’ai du mal a rester tout éveillé, la fatigue est forte. Rajaram viendra nous demander notre avis sur ses services, il est particulièrement attentionné, je pense qu’il prépare sa sortie pourboire, il a raison mais je doute que nous soyons aussi généreux que des américains faute de ressources financières. Nous « fêtons » la fin du trek avec Line autour d’une bière et d’un verre de raksi. Demain, je ferai orgie de fruits a Pokhara!
N.B. : La totalité des routes carrossables portent à 5 le nombre de jours pendant lesquels nous sommes sur une « autoroute » et non sur un itinéraire de trekking. Cette proportion est appelle a augmenter, chaque mois voit un nouveau tronçon se greffer a un autre déjà existant, réfléchissez bien avant de choisir votre trek !!!
Kathmandu
Madrid











