Annapurna

Comme pressentie la veille, a 6h du matin je suis éveillé bien que nous ayons prévu de dormir jusqu’à 7h au moins. Je fais une toilette rapide et profite du paysage. Le soleil se lève sur cette sorte de jungle, la lumière naissante sur la forêt « tropicale » m’a toujours plu, c’est comme dans un livre de Gabriel Garcia-Marquez, chargé d’émotion. Installe dans la chambre contigüe, je regarde le dinning du lodge au toit de tôle ondulé, entoure de bambous, les grilles des fenêtres ainsi que les rideaux ont un air de Provence. Le rose cramoisi des murs et les draps blancs troues donnent l’impression que le temps s’est arrête ici et que je suis en Amérique du sud.
Cesaria Evora – Petit pays
Il faut bien partir, nous ne sommes qu’a 30 minutes de Nayapul et du bus, le 10ème check post est juste avant. Nayapul est vraiment très laide, j’ai du mal à concevoir que le paradis puisse côtoyer une sorte de décharge urbaine telle que ca. Le bus que nous prenons pour Pokhara est un bus local, c’est à dire qu’au dessus de 1,60m, il ne faut pas espérer pouvoir placer ses jambes confortablement et qu’il y aura de la musique à plein volume. En prime, le conducteur joue à faire des zigzags sur la route montante, s’il se plante, on est tous morts ! Le voyage n’a rien de particulier si ce n’est qu’a l’arrivée a Pokhara, 1h30 plus tard, on note une grosse différence avec KTM, on a plus l’impression d’être dans une petite bourgade que dans la 2ème ville du pays, c’est bien plus tranquille, moins de circulation et l’hôtel, pourtant a 2 pas du quartier touristique, n’est pas compressé entre 50 magasins bruyants et stressants, il y a même une grande terrasse avec vue sur le lac d’ou j’écris en ce moment même sur mon carnet. Le sac que j’avais laisse a KTM est bien arrivé sauf que la seule chose que je voulais vraiment, mes chaussures, n’y sont pas… J’appelle Gokul pour une explication et il se trouve qu’il les as aux pieds, en pleine montagne et en plein trekking, je reste zen bien qu’intérieurement je pense qu’il est en train de se foutre de moi, nous avions accordé l’envoi de mon package il y a 17 jours de ça !! Bref, après cet épisode, un peu de lessive et nous allons manger, un poulet au curry pour moi, nettement moins cher et meilleur qu’en montagne. Après manger, nous allons visiter le quartier, mes grosses chaussures de trekking aux pieds, il fait au moins 35 degrés. Il y a plus de diversité immédiate qu’a KTM et les hôtels, magasins et restaurants sont nettement plus soignes. Au fil de notre visite, nous retrouvons Thierry, un français connu dans les montagnes et croise a plusieurs reprises et qui avait arrêté son trek a Jomsom pour prendre l’avion pour Pokhara. Il a eu beaucoup de chance, la grève s’est arrêté juste quand il faut pour lui permettre de rentrer. Pendant que nous bavardons, une longue procession de motard que nous supposons être des maoïstes, défilent devant nous, ils sont plusieurs centaines. Il y a des chances qu’une nouvelle grève éclate, la constitution doit être finie au plus tard le 28 mai et il est plus que probable que ce ne soit pas fait dans les temps, il y aura donc une nouvelle vague de grève et de manifestations qui gèleront le pays, peut être bien avant cette date. Nous accordons avec Thierry de nous retrouver au Lemon tree avec Miguel et Sarah, autant fêter la fin du trek avec le max. de participants. Je cherche une clé USB, un magasin passera de 1890 Rs/- a 1200 Rs/- pour un modèle 4Gb, la transaction se fera planquée derrière un frigo, le charge des lieux ayant a priori envie de se faire un peu d’argent de poche. Nous passerons ensuite un bon moment au Lemon tree, le resto est joli et la nourriture bonne, nous y resterons jusqu’a une heure inhabituellement tardive au Népal, 22h !! Sur le retour, j’achète des pâtisseries, j’ai encore faim !

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A 2h30, les patates bouillies ont décidées que j’avais assez dormi, j’ignorais que de simples patates bouillies pouvaient causer cet effet la sur le système digestif. Je patienterai jusqu’a 3h30sans dormir pour me lever, une belle tête de zombie en prime, Line aussi en plus de son mal de gorge de la veille. L’ascension à Poon hill commence à 4h15 avec la motivation d’un fonctionnaire le lundi. Ce sont encore des escaliers, on en avait pas assez bouffe hier ! 45 minutes plus tard, nous sommes au point d’observation avant le lever du soleil, la vue sur les montagnes est grandiose, je prendrai ne bonne série de photos et de vidéos. Il n’y avait pour ainsi dire personne a notre arrivée, nous sommes plus d’une centaine quand nous prenons le chemin de retour au lodge. Après un petit déjeuner pitoyable, nous partons, effectuons le9eme contrôle puis entamons nue nouvelle série de marche, en descente cette fois et ca glisse. Nous passons par une forêt de rhododendron sauf que cette fois, ca me saoule, nous sommes presses d’en finir, nous sommes assez négatif, la communication ouverte ne sera pas le fort des 2 premières heures ou nous traçons comme des sauvages sans profiter de rien. Nous finissons par sortir de la forêt, la vallée s’ouvre à nous, il fait beau et ca sent les tropiques un peu plus fort. Les marches sont taillées et ordonnées sur une route désormais plus large et Hile devient en vue. Le moral revient vite, la chaleur et la transpiration qui va avec aussi. Il faudra un bon moment pour rallier Hile situe a une altitude 2 fois moins élevée que Ghorepani. Nous retrouvons Miguel et Sarah et fixons un rendez-vous au Lemon tree à Pokhara pour le lendemain. Nous irons déjeuner au Dipak qui dispose d’une super terrasse en hauteur. Le riz est bon mais les quantités sont faibles, heureusement que nous sommes de nouveau bien motive. Nous décidons de repartir et de nous arrêter avant Nayapul qui est un avant poste de la civilisation. Birethanti est parfait et son côté tropical très reposant, a seulement 30 min. de Nayapul. Nous irons au Ever green, chambre et nourriture correcte.
Après une bonne douche, le repas en terrasse s’impose, j’ai du mal a rester tout éveillé, la fatigue est forte. Rajaram viendra nous demander notre avis sur ses services, il est particulièrement attentionné, je pense qu’il prépare sa sortie pourboire, il a raison mais je doute que nous soyons aussi généreux que des américains faute de ressources financières. Nous « fêtons » la fin du trek avec Line autour d’une bière et d’un verre de raksi. Demain, je ferai orgie de fruits a Pokhara!

N.B. : La totalité des routes carrossables portent à 5 le nombre de jours pendant lesquels nous sommes sur une « autoroute » et non sur un itinéraire de trekking. Cette proportion est appelle a augmenter, chaque mois voit un nouveau tronçon se greffer a un autre déjà existant, réfléchissez bien avant de choisir votre trek !!!

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Le réveil est difficile, je pense que le bassin nous a shooté car je vois difficilement comment une journée de marche courte et en descente a ou nous déglingué comme ca. Le linge n’est pas sec, loin de la même, il va falloir le trimballer en sac plastique, ca va fermenter, ca fera peut être de l’alcool local ! La vue depuis la terrasse du lodge est vraiment la plus belle du trek, ca va être dur de décrocher. Le départ est inéluctable, un check post est en fin de village, encore un. Le début de la route coïncide avec la route des bus puis un pont nous amène sur l’autre versant ou nous attendent 1670 mètres de dénivelé tout en monte mais le plus dur est de loin la chaleur car a cette altitude, les efforts coûtent moins, même avec les tendons d’achille douloureux c’est assez faisable. Les 1ers villages traverses sont assez jolis et colorés, la vue reste magnifique avec des montagnes luxuriantes au proche et des sommets enneiges au loin. 3h30 plus tard, nous sommes a Shikha pour le déjeuner, nous filtrons de l’eau, mettons le linge à sécher et j’en profite pour me refaire des bandages par dessus de grosses tartines de baume du tigre ce qui s’avèrera une excellente idée par la suite car cela annulera quasiment la douleur. En face du resto, il y a encore un check point, le 8eme depuis le début du trek, ca devient lassant surtout qu’a part planter des panneaux et pondre des statistiques, on se demande ce qu’il foute a l’ACAP (Annapurna Conservation Area Program), la grosse décharge de Thorong phedi en est une preuve flagrante mais bon, il faut pointer. La reprise de la route se fait sous un ciel couvert, nous aurons moins chaud mais l’absence de luminosité gâche beaucoup la vue… Le chemin sera aussi un peu moins beau, seules les marches d’escalier caractéristique de cette étape ne manqueront pas. Au bout de 3h, nous sommes a Ghorepani, le village est tout bleu, je ne sais pas si j’aime ou si je déteste. Le lodge est plutôt bien (le snow view) et nous sommes reçus par la chaleur du poêle, ca fait du bien car dehors, entre le froid et la transpiration du jour, ca devenait difficile. Les places sont chères pour la douche, le guide de Miguel abusera un peu en passant devant tout le monde, restant 25 minutes en chantonnant alors qu’il est marque que l’eau chaude est en quantité limite et qu’il faut penser aux autres… Bref, journée dure et crevante et demain, le réveil est prévu a 4h du matin pour aller a Poon hill. Je ne suis pas à prendre avec des pincettes ce soir et nue remarque de Rajaram me fait vider un peu mon sac, j’en ai marre que nous soyons confondus avec des portefeuilles ambulants qui doivent juste claquer leur pognon tout en fermant leur gueule parce que ca convient a la culture Népalaise, je ne suis pas une volaille industrielle et les autres trekkeurs ont eu les mêmes impressions que moi, je ne suis donc pas totalement fou ! Après cette séquence tension-émotion largement alimente par la fatigue, je dine patates bouillies et soupe avant d’aller au lit, la nuit sera courte.

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Je me suis levé 2 fois dans la nuit pour pisser de l’eau ! C’est bon, je suis beaucoup mieux même si mon mollet est encore un peu douloureux. Je fais connaissance avec le lodge, il est très bien et le patron est très attentionné, ca fait plaisir à voir. En sortie de village, un nouveau check post est là, nous y retrouvons Miguel et Sarah qui ont fait la route a pied et confirment que le bus eu été mieux, soulagement pour nous. La route est belle et un sentier de trekking est accessible sur le versant d’en face qui est cafis de petits villages, la lumière matinale agira comme d’habitude en magnifiant tout. L’un de ces villages dispose d’une telle concentration de marijuana sauvage qui est impossible de ne pas la sentir, on se croirait dans une fête de fin d’année scolaire ! Les sons de ces villages appartiennent aux soirées africaines, l’ambiance est vraiment très spéciale, la traversée est irréelle, c’est comme un de ce moments que l’on souhaiterait éternel, c’est indéfinissable et plaisant. De retour sur terre, nous continuons pour nous arrêter a Dana, la douleur commence à revenir, je profite de l’arrêt pour me faire un bon bandage dégoulinant de baume du tigre avant de repartir. Le décor est tropical, les bananiers renforcent cette impression et les montagnes sont du même vert qu’au pays basque espagnol, je ne sais pas le définir autrement ! Tatopani apparait enfin dans un goulot d’étranglement de la vallée, la vue est tellement exceptionnelle que j’enrage de ne pas avoir d’appareil photo capable de capter ce que je vois. Le village est bien entretenu et la végétation très présente. Nous descendons au Old kamala qui, pour continuer sur la même lancée de superlatif, vaut le détour aussi bien pour la disposition, le décor, la cuisine que la gentillesse du personnel. Par contre, c’est nu zéro pointe pour les toilettes a l’européenne, aussi inadapté que dégueulasse, les toilettes a la turque qui règnent dans plus de 95% des lodges sont bien plus pratiques et surtout beaucoup plus propres. Le grand attrait de Tatopani sont les sources d’eau chaude, aussi bien pour se laver que pour profiter du bassin (entrée a 40 Rs/-). L’eau a ici l’avantage d’être propre à la différence du Tatopani du trek du Tamang dont l’eau, couleur rouille, était moins attirante ! Nous sommes pratiquement seul avec Miguel et Sarah. Sarah a vire son guide qi était motive comme un mollusque. Apres plusieurs jour d’absence d’eau chaude en quantité, le bassin est une aubaine pour se détendre et comme la douche est obligatoire avant, ce n’est pas un bouillon de culture bien que de temps à autre, je crois percevoir une odeur de souffre. En sortant du bassin, nous partons visiter le village, je suis en quête de bananes, avec tous ces bananiers, ce devrait être possible. Il n’y a hélas qu’un seul vendeur de fruit et a 25 Rs/- la banane, il peut s’en faire des colliers. A l’hôtel, le charge des lieux nous rend la clé tombe de mon pantalon, je demande a Rajaram s’il peut faire les courses de bananes pour moi et c’est une bonne idée car pour li, c’est moins de 12 Rs/- l’unité. Ce soir la, le grand groupe de français que nous croisions de temps a autre fête son dernier jour de trek a grand renfort de bière, de tonnes de bouffes et de musique rébarbative.

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Burrito a petit-déjeuner, 2 crêpes garnis de haricots, carottes et autre légumes avec nue bonne dose de fromage fondu sur le dessus, ca m’avait bien attiré la veille. Peu après le départ, nous sommes a Jankhot, ce village est beau, aune situation idéale et la vue sur les montagnes environnante est une perle rare. La température est difficile a déterminer, il fait chaud au soleil mais le moindre souffle de vent est gèle, dur de s’habiller adéquatement dans ces circonstances. Peu après, il n’y a plus rien, rien d’autre qu’une immense plaine désertique entourée de montagnes pelées et arides, la survie ici doit être particulièrement difficile, le paysage n’en reste pas moins beau et vecteur d’émotion forte et d’un étrange sentiment de vouloir rester planter là, au milieu de rien, l’appel du vide. 1h30 après le début de cette marche étrange, Kagbeni apparait d’un coup dans la vallée fluviale en contrebas. Le village est entouré de cultures verdoyantes, c’est un tableau de maitre. Comme une surprise n’arrive jamais seul, 250m plus loin, nous passons par un étroit couloir de pierre et un nouvel ami s’invite, le vent, et a profusion encore. Le chemin devient aussi plus caillouteux jusqu’a Ekle bhati ou il y a un lodge au nom amusant, le Hill-ton ! L’endroit a aussi un semblant très troublant avec l’Afrique, tout me le rappelle, jusqu’au modèle de jeep. Le chemin continue ensuite et devient plus venteux, les cailloux deviennent progressivement des galets et une gène a mon mollet droit se manifeste. Quand Jomsom devient visible au fin fond de la vallée plate comme la main, il reste plus d’une heure de marche dans une soufflerie industrielle à plein rendement tout en ayant l’impression de marcher sur des boules de pétanques, que du bonheur. Je préfèrerai être ailleurs, d’autant plus que la gène au mollet devient grandissante et qu’une nouvelle vient d’apparaitre dans l’intérieur de ma cuisse gauche. L’arrivée a Jomsom, qui devait me libérer, s’avère un cauchemar. Ce p….. de village est tout en longueur et 10 min. plus tard, nous n’en sommes qu’au check post, il y en a 2 et ces crétins n’ont pas penses a les regroupes, je suis énervé, j’ai dépassé le seuil de la douleur tolérable a chaque jambe. Je finis de péter les plombs quand Line hésite à prendre le bus pour Ghasa – ce qui nous éviterait 12 de marche sur une route cauchemardesque bien que non dénuée de beauté intrinsèque – tout ca pour le prix, 600 Rs/-, qui lui semble trop élevé. Pour ma part, je ne peux plus marcher et le prix du billet de bus serait de toute façon largement explose en nourriture si nous devions marcher, j’ignore a ce moment qu’elle en a aussi ras la patate et que nos tensions respectives font des étincelles au moindre chatouillis, nous faisons la paix de suite après nous être exprime, il n’y avait pas de quoi en faire un fromage! Nous avons tous des places assises dans le bus local qui n’est pas totalement déglingué et dispose même d’un lecteur CD, on arrête pas le progrès. Mon seul grand regret dans ce voyage en bus sera de ne pas pouvoir visiter Marpha, capitale népalaise de la pomme située a 1h de marche de Jomsom, 15 minutes de bus à tout casser. Au fur et a mesure de l’avancée, le décor change progressivement, les arbres commencent à apparaitre sur les montagnes puis l’herbe et à Larjung, tout est différent et ressemble au panorama des 1ers jours de trek, le Dhaulagiri en plus. Mes jambes ne répondent plus et en prime, mes épaules et mon cou deviennent raide comme du métal, je le sens mal pour la suite. 2h30 après le départ, nous sommes a Ghasa, j’ai un mal fou a parcourir les 250 mètres qui nous sépare du lodge, le National. En arrivant, je pose mon sac et m’allonge sur le lit, je n’en bougerai que pour y mettre mon sac de couchage et moi dedans avec cagoule et bandeau sur les yeux car le moindre son ou rayon de soleil me torture, sans parler du reste de mon corps ! Line me passera un peu de baume du tigre pour me décontracter les épaules qui sont devenues mon problème Nº1 puis je retourne me coucher jusqu’à la prise d’un grog pour m’anesthésier un peu. Je mange 2 pommes en tout et pour tout, la journée fini par se confondre avec la nuit, la douleur s’en v progressivement mais surement, ca va mieux.

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Je suis réveillé bien avant que ce feignant de réveil ne sonne, le repas de la veille tourne dans l’estomac et j’ai parfois la sensation de manquer d’air. Dans la salle commune, tout le monde est déjà réunis et en train de petit déjeuner. Nous partons à 4h15 puis commençons à grimper, c’est bien raide. Les montagnes sont déjà bien visibles et la luminosité croit rapidement. Mes doigts sont bien gelés malgré mes gants, le reste ca va mais il faut absolument éviter d’arrêter de marcher sous peine de congélation minute. 1h plus tard, nous sommes au hi-camp à 4925 mètres. La visibilité est maintenant très bonne et la vue sur les montagnes est totalement dégagée, seul une mer de nuage est prisonnière dans la vallée et donne une touche surréaliste. Notre rythme est d’environ 1 pas par seconde, l’altitude complique tout. Le chemin balafre les versants à la façon d’incision chirurgicale, bien droite. 30 a 45 minutes plus tard, nous sommes a la 1ère tea house, un guide descend en courant, son client ne se sent pas bien et il finira la route a dos de cheval. Nous ne nous arrêtons pas plus de 3 minutes, le temps de faire des photos afin de repartir gelé comme au réveil, la température ne rigole pas ici ! J’ai très légèrement mal a la tête et ai un tout petit peu de sang dans le nez, je reste attentif a mon corps mais préfère ne rien dire pour ne pas déclenche de réaction démesurée, j’ai peu dormi et le rythme de marche, bien qu’a 1ère vue lent, est trop rapide, nous descendrons par la suite a environ 1 pas toutes les 2 secondes ce qui sera le bon rythme pour le corps à cet endroit, compte tenu du fait que nous sommes quand même bien charges. Nous sommes au sommet à Thorong la (5416m) au bout de 3h30 de marche dans un décor qui ne fût trahi par les nuages qu’14 d’heure tout au plus, nous sommes vernis. La tea house du sommet propose des blacks tea au prix exorbitants de 150 Rs/- mais comme on ne vit qu’une fois et que nous ne retournerons pas tous les jours ici, nous nous faisons plaisir. Line fait une vidéo pour son meilleur dont le mariage est proche. Depuis le sommet vers la vallée, la 1h30 est marrante car pleine de neige et avec une belle luminosité, les 2h30 suivantes sont par contre bien enrichies en chiantine concentrée : brume, froid, boue, paysages moyens juste sauvés par la vue sur le vert de la vallée en contrebas. L’arrive a Muktinath offre un joli décor, c’est une ville sainte pour les hindous et les bouddhistes, de Thorong la, on passe nécessairement devant une sorte de gros complexe entoure par un mur blanc ou cohabitent les 2 religions. Muktinath ne ressemble a aucun autre village vu jusqu’alors, il y a beaucoup de petits marchands, la rue principale est large et de terre battue et, surprise, il y a plein de motos et une route carrossable va jusqu’a Tatopani. Hélas pour les trekkeurs, leur chemin passe par cette route pour la plus grande partie du temps. En bref, nous sommes démoralisés car peu de temps auparavant nous étions au sommet du plus haut col au monde et nous sommes maintenant en pleine civilisation. Pour résumé, nous décidons de voir si nous pourrons choper une jeep demain pour Tatopani car a partir de la, le chemin est encore de trekking et cela nous permettrait de redispatcher des jours pour modifier le parcours après Poon hill et filer sur Gandruk pour rattraper Nayapul en espérant avoir un bus car la grève maoïste continue et fout la merde dans le pays en le paralysant bien comme il faut. A KTM, seul les magasins d’alimentation sont ouverts et encore, entre 6h et 8h du matin ! Mon ventre est gonflé, j’ai presque l’impression d’avoir un poids normal ce qui est impossible vu ce que je mange, la nourriture des montagnes ne risque pas de figurer dans le guide Michelin, même en catégorie espoir. Le point positif du lodge est la possibilité de prendre une douche chaude, je ne me souviens plus de la dernière. Nous devrons nous lever tôt demain car au cas où aucun véhicule ne passe, nous sommes décidé à couvrir le maximum de distance pour rallier Tatopani en 2 jours au lieu de 3.

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Je n’ai pas dormi de la nuit, entre le froid et l’altitude il y avait trop d’éléments en contre. Ce matin, le ciel est gris et la température assez basse, je porte toutes mes épaisseurs sur moi, dommage que je n’ai pas une cagoule étanche ! Nous arrivons à Ledar 25 minutes plus tard puis continuons. Chaque petite montée est un effort, nous commençons à être assez haut et la respiration devient plus intense. Le ciel bleu et le soleil arrivent progressivement, c’est l’occasion d’enlever quelques couches de vêtements. Les yaks, rare sur le circuit pour le moment, font leur apparition en masse, quelques petits sont aussi présents. Le chemin fini par descendre abruptement jusqu’à un petit pont qui mène a l’autre versant et a une montée qui se révèle un peu chiante du fait de l’altitude et d la fatigue. En haut de la pente, le chemin est a nouveau a peu près plat, il faut faire attention aux chutes de pierre causées par les yaks et blue sheep plus haut sur le versant. Nous arrivons à Thorong phedi seulement 2h30 après le départ de Yak kharka. Il y a 2 lodges mais le complexe qu’ils forment est assez grand pour accueillir 200 personnes. Les prix ont encore grimpes, seul le hi-camp, situe 400m plus haut et 1h de marche un peu raide, doit dépasser ces prix. Après un déjeuner sans gout, nous sommes shootés par l’altitude et ne sommes pas vraiment en mesure de bouger. Nous finissons quand même par nous agiter vers 13h pour prendre le chemin du hi-camp sans sac a dos juste pour faire quelque chose et nous acclimater un peu mieux. La neige est de la partie, je n’irai pas jusque en haut, Line si. De retour au lodge, j’en profite pour préparer mon sac en détail pour ne pas perdre de temps demain matin car le réveil est pour 3h, le départ pour 4h. Si tout se passe bien, nous serons à Muktinath demain pour 12h. La salle commune dispose d’un poêle a bois mais les gérants ne mettent que du bois d’allumage qui brûle très vite et ne produit que peu de chaleur. Le gérant en chef est, drôle de hasard, une sacrée tête de nœud lui aussi et tous les prétextes sont bons pour ne pas fournir plus de combustible, que ce soit du bois ou de la bouse de yak. Nous commander les dîner, petit déjeuner et déjeuner du lendemain, tout en même temps pour nous assurer de ne pas perdre de temps. Un des employés fini tout de même par apporter un peu plus de bois mouillé, c’est toujours mieux que rien.

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Le beau temps est encore une fois au rendez-vous, ca fait plaisir ! Apres un petit déjeuner de noodle soup et d’apple crumble, nous payons auprès de l’hystérique de service qui doit avoir bu 12 litres de café vu comment il tape sur sa calculatrice. Après 2 essais et 2 résultats différents, je paie 100 Rs/- de plus que nécessaire mais je ne le saurai que 3h plus tard… La route commence en montée légère, je dois quand même respirer plus intensément pour m’oxygéner. Une discussion survient pour savoir si nous nous arrêtons a Yak kharka, ce qui représenterait une étape courte en durée mais correcte en altitude pour éviter le risque de mal aigu des montagnes ou aller a Thorong phedi ce qi ferait une journée de marche correcte mais ne serait pas forcément prudent pour des questions d’altitude. Il y a de nombreux arguments dans tous les sens, le groupe de 4 que nous formions depuis plusieurs jours finira par se scinder, Line et moi préférons opter pour plus de sûreté et ne pas tenter le passage du col le lendemain matin à 4h du matin tout en étant fatigue de la veille tandis que Miguel et Sarah sont plus impatients même s’ils n’écartent pas la possibilité de se reposer a Thorung phedi le lendemain s’ils ne sont pas bien ou trop fatigués. Nous restons donc à l’Himalayan qui est à 10 minutes après le gros du village de Yak kharka. Les prix sont assez bas, les chambres correctes et nous ne risquons pas de nous faire déranger par les voisins, il n’y a pas d’autres lodges et nous sommes les seuls dans celui-ci. Nous irons jusqu’au prochain village, Ledar, à 30 minutes de marche et 150m plus haut. Le temps est très changeant et passe du ciel bleu à la chute de neige en l’espace d’une poignée de minutes. Le reste de la journée se déroule en tuant le temps autour du poêle à bois, ou plutôt poêle à merde de yak ! Nous apprendrons plus tard que le chargé du Tilicho voulait nous prendre plus cher pour la chambre car nous avions nos propres soupes et ne consommions donc pas assez ! Je requalifie donc Mr tête de nœud en « abruti profond », parce qu’il le vaut bien.

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Au moment ou le réveil manifeste sa présence, je suis réveillé depuis un bon moment, comme d’habitude. Mon coin de chambre ressemble a une chambre de gamin qui ne range jamais, comme d’habitude également. Après un lavage très sommaire, je vais déjeuner d’une noodle soup et commande un sandwich a l’omelette pour ce midi. Sur ce trek, il y a pas mal de boulangeries qui font aussi bien du pain que des croissants au chocolat, pains a la cannelle ou a la pomme mais aussi cookies aux cacahuètes, biscuit et foret noire !! Le grand classique est l’apple crumble, l’autre nom du tour des Annapurna étant le « trek des tartes aux pommes »! Avant de partie, j’en profite pour acheter un rouleau au chocolat, a 80 Rs/- ce n’est pas donné mais il est bien grand et semble bien garni. Nous avons doublement de la chance, l n’y a pas un seul nuage et la pluie d’hier s’est déposée en couches neigeuses en altitude si bien que le panorama est exceptionnel, je ne me lasse pas de l’admirer et en ferai de nombreuses vidéos. Nous sommes 7 au départ dont 3 guides, on ne risque pas de se perdre. Il est prévu d’aller au « ice lake » ce qui nous oblige à revenir en arrière, le chemin commençant à Braga. Nous avançons au milieu d’une œuvre d’art, tout est beau et la lumière matinale ne faillit pas à son habitude en amplifiant la magnificence de l’ensemble. A Braga, nous prenons la direction du vieux village. Rajaram nous apprend que dans l’upper Mustang, les villages sont identiques, c’est très beau tout en étant vieux et délabré. L’ascension commence, il y a 1000m de dénivelé au menu mais nous sommes sans sac ou presque, je porte juste de l’eau et nos 2 déjeuners, pas de quoi fouetter un chat. Le chemin n’est pas bien dur, c’est une pente régulière sans escalier ce qui facilite beaucoup les choses. 1h30 plus tard, nous sommes a une altitude qui nous permet d’avoir une vue impressionnante sur les montagnes enneigées et sur la vallée, la vue s’étend de Lower pisang jusque bien après Manang soit un bon gros paquet d’heures de marche. Le temps est devenu plus frais et les nuages s’amoncellent, les 3 guides sont comme en vacances et sont à la traine, leur motivation est proche de 0. Quelques flocons commencent à tomber, nous continuons la route a 4 puis a 2, Sarah ne pouvant plus avancer et Miguel ne souhaitant pas la laisser seul ce qui est prudent. Nous ne monterons que 20 minutes de plus, le temps n’étant pas terrible et le ice lake s’avérant encore assez loin. Nous aurons quand même l’opportunité de voir 7 daims musques à une centaine de mètres sur un autre versant. En cours de redescente, nous avalons le déjeuner et repartons. Les guides sont très lent, si lent que cette vitesse dot leur demander un effort supérieur au notre car la pente est tout de même bien inclinée. A Braga, nous décidons de repartir directement à Manang sans les attendre, heureusement qu’il ne soit rien arrive a personne. Au Tilicho, nous prenons un thé bien mérité la douche est toujours aussi froide, je crois que je vais rester dans mon jus ! Nous finirons la journée en allant faire un tour au stupa qui surplombe Manang, la vue avec le soleil déclinant rend le village bien plus beau que vu des hauteurs de Braga. En redescendant, je m’arrête pour acheter des paquets de biscuits et de noodle soup seulement 10 Rs/- plus cher qu’a KTM.

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Pas bien dormi et pour la 2ème nuit consécutive, ma gorges me taquine. Je me lève tôt et petit déjeune d’un bon gros plat de patates bouillies tout en finissant de sécher mon pantalon en le mettant a 5 cm du poêle. Le temps restera frais et humide pour le restant de journée ce qui est plutôt bien. Pas de grosses surprises, une petit montée pendant 1h et ensuite, c’est tout plat ! A Humde, nous mangeons 2 pains a la cannelle qui bien que chers, rappelle de lointains souvenirs de pain frais. En sortie de village, un nouveau check point et le chemin continue dans la vallée de plus en plus large. L’arrivée a Manang n’est pas édifiante, il y a un énorme lodge, le Tilicho, qui capte a peu près tout le monde, les autres doivent se contenter du reste. Le patron est une tête de nœud mais les chambres et la nourriture sont biens. Nous irons visiter le petit lac à 10 minutes a pied puis le vieux village et pour la 1ère fois, une vision de misère se dévoile, les locaux ne donnent pas spécialement l’impression de vivre bien, il semblerait qu’il y a 2 poids et 2 mesures ici, ceux qui ont de quoi bien vivre et ceux qui n’en ont pas… De retour au lodge, la douche théoriquement chaude est froide, le seul refuge devient la salle à manger ou le patron entend bien régner en maître mais comme je l’ai déjà écrit, c’est vraiment une tête de nœud ! Après une longue réflexion visant à déterminer si nous resterons ici demain pour nous acclimater comme il est prévu ou si nous continuons, la sentence finale est celle de rester pour une randonne de 7h le lendemain. J’ai renoué avec l’appétit et fait un peu poubelle de table en finissant les plats de mes petits camarades de jeu. Vu le poids que j’ai perdu, j’en ai bien besoin !

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Diapo Râma (Kathmandu)

Nuage nuage

Heure hispno-népalaise

Le temps à Kathmandu

20 mai 2012
Averses
Averses
29°C
Température ressentie: 34°C
Humidité : 30%
Vents : 0 m/s O
Lever du soleil : 4:27
Coucher du soleil : 18:04
 

Mon dieu, mais c’est moi !