Réveil malade, le lit est confortable comme un empilement de briques, le nom de « bed rock » de l’hôtel est donc des mieux choisis… La douche ne sera pas bien mieux, il n’y a presque plus d’eau et je finis de justesse. Mes intestins n’ont pas digérés quelque chose, je me sens très vaseux, ma conversation est principalement composée de mots de moins de 4 lettres. Je ne petit déjeune pas et me contente d’un thé noir après quoi le chargé d’hôtel nous propose de nous doucher dans une autre chambre de l’hôtel ou il y a de l’eau, je pourrai finir ma lessive comme ça ! Nous changeons ensuite d’hôtel pour son voisin dont la literie est plus clémente puis prenons le chemin pour aller a la pagode de la paix en prenant un bus local pour Damside et de la a pied a travers la montagne. Je me sens assez mal et même le fait de marcher droit est un effort, je dois m’arrêter à plusieurs reprises pour récupérer un peu. Arrivée à la pagode, je me couche dans l’herbe pour ne bouger qu’au moment de repartir. La pagode est très jolie et la vue sur Pokhara est totale. Nous redescendons pour prendre le bus, plusieurs enfants nous demanderons soit des crayons, du chocolat ou de l’argent. L’un d’eux, dont le courage n’est pas le point fort, attendra de nous surplomber pour nous jeter quelque chose, il n’a pas du apprécier un non comme réponse… Le microbus n’est pas cher, 10 Rs/- jusqu’a Damside puis un autre, prix identique, pour Lakeside. En arrivant a l’hôtel, je me couche, la journée est finie pour moi, seule une bonne averse suivie d’une chute de grêle me tireront momentanément de ma torpeur. Line reviendra plus tard avec nos chaussures enfin arrivées.
Ces saloperies de cafards m’ont tenu en éveil toute la soirée, je n’en peux plus et je dois commencer par appeler Gokul qui a mes pompes depuis 17 ou 18 jours déjà et celle de trekking ne sont pas des plus adaptés au climat d’ici, il fait 350 degrés. Je petit déjeune au même endroit qu’hier car pour 95 Rs/- j’ai droit a un thé au lait, 2 grandes tartines beurre/confiture et 2 œufs brouillés. Dans la matinée, nous changeons d’hôtel pour le bed rock situe a 10 minutes de marche au sud du Lakeside central. Nous prenons des renseignements à l’hôtel pour un tour au Chitwan puis obtenons 2x moins cher à l’agence par laquelle Sarah est passée. A ce prix (4500 Rs/-), c’est même moins cher que si nous y allions nous même pour nous débrouiller sur place. En partant déjeuner, nous croisons une procession commémorative d’un ancien exploit népalais dans la région de l’Annapurna. Le resto du déjeuner, le Zinnia fans, propose des plats excellents, les meilleurs jamais goutés pour le moment et pour des prix très raisonnable et un personnel sympathique, oui, tout est possible ! L’après lunch commence par la location de 2 vélos pourris a souhait et en plus, il faut se cogner les efforts par 35 degrés, je le passerai rapidement mal puis très mal car mon vélo est capricieux, il ne faut pas trop le brusquer sous peine de voir la chaine passer outre une dizaine de pignons, c’est très marrant en montée ou c’est presque a chaque tour de pédalier sans parler des vitesses, 8 sur 18 disponibles, un vrai bonheur. Le temps se couvre, nous retournons en ville sans aller a la caverne des chauves souris qui était notre objectif et que nous avons allègrement dépassé. Nous rendons ces putains de velos merveilles technologiques a son proprio, j’ai bien failli jeté sa salete d’engin bicyclette aux orties, louer ce genre de truc devrait être passible d’une peine de prison. Je file ensuite me faire masser, 500 Rs/- de l’heure près du Yeti hôtel, un barbier/coiffeur/masseur d’une grande dextérité, je ne regrette pas. Je rejoins Line et nous allons acheter une bouteille de « Marpha brandy », allons voir le lac de plus près, une averse de type tropicale, intense mais courte, nous surprend. Nous retournons ensuite a l’agence pour confirmer la réservation du tour pour le Chitwan pour 4500 Rs/- par personne. Nous irons diner au même endroit que pour le lunch et gouterons le marpha brandy qui s’avère être un tord boyau du calibre du « sodabi » togolais !
Nous petit déjeunons avec Rajaram, il nous a demande la permission de partir aujourd’hui, son contrat se finit normalement demain. Après le petit déjeuner, nous l’accompagnons a l’arrêt de bus, lui remettons son pourboire puis continuons a pied vers le centre de Pokhara ou les touristes ne vont généralement pas. Le quartier n’a rien à voir avec Lakeside (quartier touristique), c’est plus agite tout en ayant rien à voir avec KTM non plus. Après un long moment de marche, nous prenons un taxi pour rejoindre Miguel et Sarah, nous avons prévu de louer des scooters pour nous balader un peu sur les hauteurs de Pokhara. La technique de négociation de Sarah, un peu trop incisive, fait foirer le 1er essai pour une histoire de 20 Rs/-, j’hallucine intérieurement qu’on puisse se battre comme ça pour cette somme surtout que le bonhomme en face n’a pas l’air content du tout ! Le 2ème essai sera le bon, la loueuse est par contre un peu lente, j’en viens à me demander si elle veut louer ou non. Bref, 3/4 d’heure après le tout début, nous avons 3 scooters pour 4, Line et moi en partageons 1. Le road trip est amusant et nettement moins stressant que si nous devions conduire à KTM bien que la conduite à Pokhara soit déjà un beau bordel. Après un bon moment de route, nus nous arrêtons pour manger un dhaal baat dans une gargote locale, 70 Rs/- plus des pâtisseries, des barfis pour moi et une autre dont j’ai oublie le nom. Nous reprenons la route pour grimper dans les collines et avoir une jolie vue bien que bouche sur la vallée en direction de Pokhara. Pour le retour, je prends le guidon, le scooter est pourri et puissant comme une blague carambar mais il avance, c’est déjà ca. Nous passons par le lac et nous arrêtons un moment, le soleil couchant donne naissance a des paysages superbes. Nous ramenons les scooters et allons au cyber café et c’est un mini drame pour moi, l’ordinateur reboote tout seul au bout de 50 minutes et le gérant n’en a rien à secouer, j’ai un peu tout perdu et sa réaction bovin de la SNCF a le don de m’exaspérer. Nous irons ensuite diner une dernière fois avec Miguel et Sarah, lui rentre a KTM et elle va au Chitwan. Ce soir, c’est festival a Lakeside mais y’a pas de quoi fouetter un chat, le seul vrai bon truc étant que la rue est fermée aux véhicules. A l’hôtel, je dégomme 3 cafards, le modèle qui chante et empêche de dormir, si, ça existe et c’est une vraie plaie…
Comme pressentie la veille, a 6h du matin je suis éveillé bien que nous ayons prévu de dormir jusqu’à 7h au moins. Je fais une toilette rapide et profite du paysage. Le soleil se lève sur cette sorte de jungle, la lumière naissante sur la forêt « tropicale » m’a toujours plu, c’est comme dans un livre de Gabriel Garcia-Marquez, chargé d’émotion. Installe dans la chambre contigüe, je regarde le dinning du lodge au toit de tôle ondulé, entoure de bambous, les grilles des fenêtres ainsi que les rideaux ont un air de Provence. Le rose cramoisi des murs et les draps blancs troues donnent l’impression que le temps s’est arrête ici et que je suis en Amérique du sud.
Cesaria Evora – Petit pays
Il faut bien partir, nous ne sommes qu’a 30 minutes de Nayapul et du bus, le 10ème check post est juste avant. Nayapul est vraiment très laide, j’ai du mal à concevoir que le paradis puisse côtoyer une sorte de décharge urbaine telle que ca. Le bus que nous prenons pour Pokhara est un bus local, c’est à dire qu’au dessus de 1,60m, il ne faut pas espérer pouvoir placer ses jambes confortablement et qu’il y aura de la musique à plein volume. En prime, le conducteur joue à faire des zigzags sur la route montante, s’il se plante, on est tous morts ! Le voyage n’a rien de particulier si ce n’est qu’a l’arrivée a Pokhara, 1h30 plus tard, on note une grosse différence avec KTM, on a plus l’impression d’être dans une petite bourgade que dans la 2ème ville du pays, c’est bien plus tranquille, moins de circulation et l’hôtel, pourtant a 2 pas du quartier touristique, n’est pas compressé entre 50 magasins bruyants et stressants, il y a même une grande terrasse avec vue sur le lac d’ou j’écris en ce moment même sur mon carnet. Le sac que j’avais laisse a KTM est bien arrivé sauf que la seule chose que je voulais vraiment, mes chaussures, n’y sont pas… J’appelle Gokul pour une explication et il se trouve qu’il les as aux pieds, en pleine montagne et en plein trekking, je reste zen bien qu’intérieurement je pense qu’il est en train de se foutre de moi, nous avions accordé l’envoi de mon package il y a 17 jours de ça !! Bref, après cet épisode, un peu de lessive et nous allons manger, un poulet au curry pour moi, nettement moins cher et meilleur qu’en montagne. Après manger, nous allons visiter le quartier, mes grosses chaussures de trekking aux pieds, il fait au moins 35 degrés. Il y a plus de diversité immédiate qu’a KTM et les hôtels, magasins et restaurants sont nettement plus soignes. Au fil de notre visite, nous retrouvons Thierry, un français connu dans les montagnes et croise a plusieurs reprises et qui avait arrêté son trek a Jomsom pour prendre l’avion pour Pokhara. Il a eu beaucoup de chance, la grève s’est arrêté juste quand il faut pour lui permettre de rentrer. Pendant que nous bavardons, une longue procession de motard que nous supposons être des maoïstes, défilent devant nous, ils sont plusieurs centaines. Il y a des chances qu’une nouvelle grève éclate, la constitution doit être finie au plus tard le 28 mai et il est plus que probable que ce ne soit pas fait dans les temps, il y aura donc une nouvelle vague de grève et de manifestations qui gèleront le pays, peut être bien avant cette date. Nous accordons avec Thierry de nous retrouver au Lemon tree avec Miguel et Sarah, autant fêter la fin du trek avec le max. de participants. Je cherche une clé USB, un magasin passera de 1890 Rs/- a 1200 Rs/- pour un modèle 4Gb, la transaction se fera planquée derrière un frigo, le charge des lieux ayant a priori envie de se faire un peu d’argent de poche. Nous passerons ensuite un bon moment au Lemon tree, le resto est joli et la nourriture bonne, nous y resterons jusqu’a une heure inhabituellement tardive au Népal, 22h !! Sur le retour, j’achète des pâtisseries, j’ai encore faim !
Kathmandu
Madrid











